Bruxelles, 05/03/2002 (Agence Europe) - En adoptant le rapport de Mario Mantovani (Forza Italia), sur l'allégement supplémentaire de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE) comptant parmi les pays ACP les moins avancés, la commission du développement du Parlement européen s'est prononcée pour une accélération et un approfondissement du processus d'allégement de la dette publique des pays dont les gouvernements respectent les droits de l'homme et les principes de bonne gouvernance, et font de l'éradication de la pauvreté leur priorité. Les parlementaires font observer à cet égard qu'une efficacité accrue des dépenses publiques est un moyen efficace de contribuer à la réduction de la pauvreté et que les ressources supplémentaires que les gouvernements dégageront grâce à l'allégement de la dette devraient être affectées à des projets sociaux au profit notamment de l'éducation, des soins sanitaires primaires et de lutte conte le sida.
Le rapport Mantovani est la réponse à une communication de la Commission concernant la position à adopter par la Communauté au sein du Conseil des ministres ACP/UE à propos du solde des prêts spéciaux consentis dans le cadre des trois premières Conventions de Lomé, et que les pays ACP les moins avancés devraient encore acquitter une fois appliqués tous les autres mécanismes d'allégement de la dette des PPTE (dans le cadre de l'initiative conjointe du FMI et de la Banque mondiale à laquelle l'Union européenne contribue à hauteur d'1 milliard d'euros). La Commission propose que les pays ACP les moins avancés franchissant « le seuil de décision » dans le cadre du mécanisme d'allégement de la dette des PPTE bénéficient immédiatement d'une liquidation totale du service de la dette liée aux prêts spéciaux (prêts à long terme consentis à partir des ressources du Fed et des ressources de la BEI).
Le rapporteur salue la proposition de la Commission en tant que geste supplémentaire complétant utilement les actions menées en faveur des pays les moins avancés. Il souligne que la capacité des pays pauvres très endettés à offrir des services sociaux de base tels que la santé et l'éducation à leurs populations est lourdement entravée par le service de la dette qui engloutit 40% des revenus issus des ressources naturelles de ces pays, et que le piège de la dette engendre une spirale infernale d'appauvrissement freinant le développement de pays frappés par le ralentissement économique mondial consécutif aux événements du 11 septembre.
L'idée d'une annulation pure et simple de la dette - au-delà de l'annulation du service de la dette - n'a pas été retenue (tous les amendements dans ce sens ont été rejetés).