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Bulletin Quotidien Europe N° 8164
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/etats-unis/acier

Lettre de Prodi à Bush avant l'annonce des sauvegardes américaines contre les importations

Bruxelles, 05/03/2002 (Agence Europe) - Alors que la Maison Blanche s'apprêtait à officialiser sa décision, mardi, l'Union a averti, au plus haut niveau cette fois-ci, qu'elle se tient prête à riposter à un verrouillage du marché sidérurgique américain. Le jour même, le Washington Post, source officieuse et généralement bien informée, dévoilait un dispositif de sauvegarde contre les importations d'acier fondé sur l'imposition de sanctions douanières allant jusqu'à 30%. Le verdict présidentiel, attendu pendant de longs mois avec une appréhension ostensible, non seulement en Europe, de l'Union jusqu'en Russie, mais aussi sur les autres continents, mettrait l'essentiel du fardeau à la charge de la sidérurgie allemande et asiatique (Chine, Japon, Taïwan et Corée du Sud), mais exclurait les coéquipiers de l'Alena, Mexique et Canada, ainsi que la plupart des pays en développement du bouclier anti-importations le plus largement contesté et potentiellement ravageur que les Etats-Unis aient utilisé à ce jour.

Le Président de la Commission européenne Romano Prodi a lui même intercédé auprès du Président Bush pour que l'Amérique s'écarte de la voie du protectionisme unilatéral et reste ancrée dans le socle multilatéral. Dans une lettre datée de lundi, M.Prodi se dit inquiet face à la perspective d'une restriction de l'accès au marché sidérurgique américain, notamment de barrières tarifaires, au moment même où le cycle multilatéral lancé à Doha entre dans sa phase active. Ce serait un mauvais signal pour le système et cela poserait aussi un « problème crucial pour l'élargissement » de l'Union, ne lui laissant pas d'autre choix que de réagir, a-t-il averti, sans revenir, à ce stade, sur la nature et la portée de la risposte européenne. Dès 8h00 ce mercredi matin, les Commissaires directement concernés (MM. Lamy, Liikanen, Verheugen, Diamantopoulos, Monti, Solbes, ainsi que le Président) devaient faire le point de la situation et se concerter sur les suites à donner à la décision américaine, avant la session hebdomadaire du collège, à l'issue de laquelle le Commissaire chargé des affaires commerciales Pascal Lamy devait tenir une conférence de presse. Mais dans la lettre de M.Prodi et, auparavant, par la voix de M.Lamy, l'Union a d'ores et déjà annoncé la couleur: elle veut que le marché reste ouvert et que les conditions de concurrence restent équitables. Pour leur part, les Européens savent, par expérience, à quel point les restructurations sont délicates et douloureuses et il est vrai qu'ils ont déployé des aides publiques pour organiser et soutenir le processus (ce que la Commission s'est déjà dite prête à tolérer de la part des pouvoirs publics américains, notamment dans le cadre de la dernière session « acier » à l'OCDE: Ndlr). Mais quelles que soient les circonstances, et même dans les années 70 à 80, où l'essentiel de l'effort a été consenti, le marché européen est toujours resté ouvert et la concurrence a été préservée, en vertu des dispositions du traité CECA, rappelle M.Prodi.

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