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Bulletin Quotidien Europe N° 8158
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/elargissement

Vives réactions après les déclarations de M.Orban sur les décrets Benes - Le "Sommet Visegrad" est annulé

Bruxelles, 25/02/2002 (Agence Europe) - La République tchèque et la Slovaquie ont vigoureusement rejeté les déclarations faites la semaine dernière par le Premier ministre hongrois Viktor Orban devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen où, interrogé par l'élu de la CDU Jürgen Schröder, il avait dit que les décrets Benes devraient être abolis car ils sont "incompatibles avec le droit européen". Les décrets étaient mauvais il y a 50 ans et ils le sont toujours, avait souligné le chef du gouvernement hongrois. Le ministre tchèque adjoint des affaires étrangères, Rudolf Jindark, a demandé des explications de la part des autorités hongroises et s'est dit "surpris" et irrité du fait que la Hongrie fasse des décrets Benes un problème bilatéral. Le Premier ministre slovaque Mikulas Dzurinda a déclaré que cela n'avait "pas de sens" que de réouvrir les divergences du passé. M.Dzurinda et son homologue tchèque, Milos Zeman, ont tous les deux annulé leur participation au "Sommet" des quatre pays de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) prévu cette semaine à Budapest et au cours duquel les quatre pays voulaient coordonner leurs positions pour la dernière phase des négociations d'adhésion avec l'UE sur les chapitres les plus délicats: politique régionale, agriculture, budget. La réunion a été reportée à une date encore à définir.

Plusieurs représentants des partis politiques tchèque (aussi bien les sociaux-démocrates du CSSD que le parti démocratique du citoyen ODS, actuellement à l'opposition) ont critiqué les propos de M.Orban qui, selon eux, sont "absolument inacceptables". L'actuel président du Parlement tchèque (et, selon certains, possible futur Premier ministre) Vaclav Klaus est même allé jusqu'à demander l'inclusion, dans le futur Traité d'adhésion de la République tchèque à l'UE, d'une clause confirmant les décrets. Ces décrets, adoptés immédiatement après la seconde guerre mondiale, avaient confirmé l'expulsion de Tchécoslovaquie, de millions de gens appartenant aux minorités allemandes et hongroises, et la confiscation de leurs biens. Malgré la pression de certains milieux politiques en Autriche, Bavière et, maintenant, en Hongrie, les autorités tchèques et slovaques ont toujours refusé d'abolir les décrets.

La position de l'UE à propos des décrets Benes est claire: les décrets ne font pas partie des négociations d'adhésion. Vendredi dernier, après une rencontre avec le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Kavan, le Commissaire en charge de l'élargissement Günter Verheugen a encore une fois réitéré cette position: "Il n'y a pas de lien entre les décrets et les négociations d'adhésion, et je ne vois aucun lien dans l'avenir", a dit M.Verheugen.

Quant à l'élu de la CSU Bernd Posselt, vice-président de la Commission parlementaire mixte PE/Parlement tchèque, il a qualifié la demande du Président Klaus de "provocation délibérée" à l'égard du Parlement européen, qui s'est prononcé "déjà trois fois pour l'abolition de ces décrets contraires aux droits de l'homme et au droit international, et qui étaient à la base de la déportation de trois millions et demi d'Allemands des Sudètes" M. Posselt, qui est aussi président de l'association des Allemands des Sudètes, se demande comment on peut "proclamer soudain que ces lois racistes font partie de la législation de l'UE", et invite le chancelier Schröder à "briser enfin son silence assourdissant sur ce thème" et à exiger l'abolition des décrets avant l'adhésion de la République tchèque à l'UE,"comme l'ont fait le ministre-président (bavarois) Stoiber, le chancelier autrichien Schüssel et le Premier ministre hongrois Orban".

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