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Bulletin Quotidien Europe N° 8158
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/concurrence

L'introduction de l'euro n'a pas entraîné de convergence en matière de prix des voitures, dont les écarts restent élevés d'un Etat à l'autre

Bruxelles, 25/02/2002 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié son nouveau rapport sur les prix des voitures dans l'UE, faisant le bilan de la situation à la date du 1er novembre 2001. Pour la première fois, la quasi-totalité des prix catalogue étaient libellés en euros, donnant ainsi une première indication de l'adaptation des prix à la monnaie unique. Ayant procédé à des comparaisons de prix au sein des 15 Etats membres pour 80 modèles représentant les véhicules les plus vendus de 24 constructeurs, la Commission constate que, malgré l'introduction de l'euro et la perspective du nouveau Règlement sur la distribution automobile qui réformera le secteur, il n'y a pas eu de convergence des prix, et des écarts substantiels subsistent encore d'un pays à l'autre. Commentant le rapport, le Commissaire Mario Monti estime que « les conditions de marché peuvent encore être sensiblement améliorées dans le secteur de l'automobile ».

Ayant pris comme base les prix de détail hors taxes recommandés par les constructeurs, la Commission a constaté que, dans la zone euro et de manière générale: a) l'Allemagne et, dans une moindre mesure, l'Autriche restent les marchés les plus chers: en Allemagne, 41 modèles sont vendus aux prix les plus élevés de la zone euro, dont 40 à un prix supérieur de 20% à celui pratiqué sur au moins un autre marché de la zone euro. En Autriche, des écarts de plus de 20% ont été relevés pour 31 modèles ; b) à l'inverse, les marchés les moins chers sont ceux de l'Espagne, la Grèce et la Finlande: le rapport fait état d'écarts de prix inférieurs à 20% pour plus de 90% des modèles couverts par l'enquête ; c) l'écart de prix moyen est beaucoup plus important dans les quatre premiers segments (A à D): les écarts de prix pour les véhicules allant des « mini-voitures » (A) aux voitures « familiales » (D), où le nombre élevé de modèles devrait normalement être le signe d'une concurrence forte, étaient beaucoup plus importants (soit largement supérieur à 20%) que dans les segments E, F et G (« grandes routières », voitures de luxe et voitures tout-terrain/monovolumes/sportives) ; d) hors zone euro, le Royaume-Uni se caractérise par des prix beaucoup plus élevés que dans la zone euro: en comparaison avec le dernier rapport (situation au 1er mai 2001), les prix ont cependant diminué de plus de 5% pour neuf modèles, tandis que pour sept autres modèles on observe des augmentations supérieures à 5%. Ce pays reste donc, globalement, le plus cher pour 52 des modèles examinés.

Tenant compte des modèles les plus populaires, la Commission précise que si l'Allemagne et l'Autriche sont les marchés les plus chers pour la quasi totalité des modèles des segments A à C, ils ne le sont que pour la moitié des modèles de la catégorie D et ne se classent qu'occasionnellement comme les marchés les plus chers dans les segments E et F. L'étude des constructeurs indique d'autre part que, dans l'ensemble de la zone euro, General Motors (Opel-Vauxhall, Saab), Fiat (Fiat, Lancia, Alfa Romeo), PSA (Peugeot, Citroën) et Volkswagen (Audi, Seat, Volkswagen) sont les groupes pour lesquels les écarts de prix sont les plus importants. Certains de ceux-ci appliquent, d'autre part, une stratégie de prix élevée sur le marché allemand. A contrario, certains constructeurs allemands (notamment BMW et DaimlerChrysler) et, dans une moindre mesure, Ford (Ford, Volvo, Land Rover) limitent, d'une manière générale, les écarts de prix dans la zone euro à 15% maximum. La Commission a constaté, par ailleurs, que l'absence d'harmonisation en matière de taxes pousse généralement les constructeurs à appliquer des prix hors taxes plus bas dans les pays qui appliquent des taxes particulièrement élevées pour les véhicules automobiles. Ainsi, la Finlande, le Danemark et la Grèce, qui se caractérisent par un niveau d'imposition élevé, pratiquent des prix hors taxes particulièrement bas afin de rendre abordables les prix taxes comprises. Néanmoins, cette absence d'harmonisation n'empêche pas que les prix hors taxes sont parfois similaires dans des Etats pratiquant une fiscalité différente, comme en Espagne et en Allemagne, donnant lieu à des prix taxes comprises parfois très différents. La Commission précise encore qu'au Royaume-Uni, où les prix hors taxes sont élevés, le prix des voitures inclut le surcoût lié aux spécifications britanniques (la conduite à droite) et est affecté par la valeur de la livre. Cette situation pousse les consommateurs britanniques à acquérir leur voiture chez des concessionnaires continentaux et la Commission constate à ce propos qu'il existe encore de nombreux obstacles à l'achat d'une voiture dans un autre Etat membre, obstacles consistant par exemple en des suppléments pour conduite à droite particulièrement élevés et la longueur des délais de livraisons.

Le nouveau projet de Règlement que la Commission devrait adopter avant l'été vise à rectifier cette situation. Ainsi, le Commissaire Monti a déclaré à l'occasion de la publication de ce rapport: « les propositions de réformes (…) doivent faire passer le marché intérieur à une vitesse supérieure, en créant les conditions nécessaires pour permettre aux consommateurs de tirer parti d'une concurrence accrue et d'un choix plus large ». Le rapport complet peut être consulté à l'adresse suivante: http: //europa.eu.int/comm/competition/car sector.

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