Bruxelles, 25/02/2002 (Agence Europe) - Le 22 février, la Présidence espagnole a fait, au nom de l'UE, la déclaration suivante:
"L'UE comprend et respecte pleinement la décision que le Président de la Colombie s'est vu obligé de prendre le 20 février 2002, qui met fin au Processus, entamé en 1998, de dialogue, de négociation et de signature d'accord avec les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie - Armée populaire (FARC-EP), ainsi qu'à la Zone de Dégagement. Le Président Andrés Pastrana a fait preuve, au cours de ces années, d'une détermination infatigable pour aboutir à la Paix en Colombie, ce qui, hélas, n'a pas été le cas de la part des FARC-EP. L'UE exprime sa plus énergique condamnation face à la dernière attaque contre la population civile attribuée aux FARC-EP. La gravité du détournement d'un avion et de l'enlèvement de plusieurs de ses passagers démontre que les FARC-EP ne tiennent pas compte des appels réitérés de l'ensemble de la société colombienne et de la communauté internationale pour apaiser le conflit. L'UE regrette profondément que depuis la signature, le 20 janvier 2002, de l'Accord sur un calendrier de consensus pour le futur du Processus de Paix avec le Gouvernement colombien, les FARC-EP aient fait preuve de leur manque de volonté d'avancer sérieusement dans le Processus, en manquant aux compromis signés avec le Gouvernement. Les graves provocations des FARC-EP ont entraîné la rupture d'un processus négociateur sur lequel le peuple colombien avait fondé les espérances de paix. L'UE déplore profondément ces provocations, qui s'ajoutent aux violences que les paramilitaires continuent de perpétrer. L'UE a réitéré à plusieurs reprises son refus et sa condamnation de la pratique des enlèvements, extorsions et autres crimes commis par les groupes armés en Colombie. Dans les graves circonstances actuelles, l'UE renouvelle son appel pressant en faveur du respect du Droit International Humanitaire et de la protection des populations civiles, et elle se réserve une éventuelle modification de sa politique face aux groupes armés. Dans ces moments difficiles, l'UE souhaite exprimer son soutien et sa solidarité avec l'ensemble du peuple colombien, le Président Pastrana et son Gouvernement. L'Union exprime son espoir de ce que, à partir de la fermeté de l'Etat de Droit et du plein respect des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales, la démocratie colombienne puisse atteindre pleinement les aspirations de paix et de prospérité de l'ensemble de son peuple. L'UE réaffirme au peuple colombien son soutien à toute initiative destinée à l'établissement d'un véritable dialogue en vue de mettre un terme au conflit qui déchire la Colombie. Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'UE, Chypre, Malte et la Turquie, pays également associés, ainsi que les pays de l'AELE membres de l'EEE se rallient à cette déclaration."
Le Président du Conseil de l'UE Josep Piqué devait évoquer ce lundi la situation colombienne avec Colin Powell, à Washington.