Bruxelles, 22/02/2002 (Agence Europe) - Lors de la première réunion, jeudi, de la commission temporaire sur la fièvre aphteuse, les députés ont rappelé que leur but était d'éviter à tout prix l'apparition d'une nouvelle crise (ce fut le principal message délivré par la présidente de cette commission, l'Espagnole du PPE Encarnación Redondo Jiménez), en essayant de faire toute la lumière notamment sur les raisons qui ont motivé la Communauté à ne pas recourir à l'option de la vaccination en anneau, les dysfonctionnements qui sont survenus en matière de contrôle des frontières extérieures, les progrès accomplis dans la mise au point de nouveaux tests et de vaccins et la facture supportée par le budget communautaire. La commission sur la fièvre aphteuse se réunira à nouveau mardi prochain pour examiner et adopter son programme de travail.
Le député désigné pour préparer le rapport qui sera examiné en novembre prochain par le Parlement européen, Wolfgang Kreissl-Dörfler (PSE, allemand), a réaffirmé combien il était important de comprendre le contexte dans lequel la crise, qui a affecté le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la France et l'Irlande, est apparue, et a déclaré avec fermeté que la commission ne permettrait pas qu'un Etat membre ou un autre soit cloué au pilori.
Jan Mulder (ELDR, néerlandais) a souligné que le budget communautaire prévu pour lutter contre cette épizootie était dérisoire, et a estimé que la Communauté n'avait pu faire face à cette crise que grâce à la faiblesse actuelle de l'euro par rapport au dollar qui a créé un surplus budgétaire provisoire. Robert Sturdy (conservateur britannique) a rappelé que la crise avait frappé non seulement les agriculteurs, mais encore l'industrie du tourisme et l'ensemble de la communauté rurale. Ce message a été relayé par Albert Jan Maat (PPE-DE, néerlandais) et l'élu gallois Eurig Wyn. Gordon Adam (travailliste britannique) a fait preuve d'un peu plus d'optimisme en indiquant que les agriculteurs de sa région, qui avaient été les premiers touchés, recommencent à produire. La verte britannique Caroline Lucas a stigmatisé la confusion qui règne en matière d'interprétation de la législation communautaire. M. Maat a souligné que le commerce mondial, le développement du transport des animaux, et l'expansion touristique contribuent à augmenter le risque de propagation des épizooties.
Les députés qui ont siégé par le passé à la commission d'enquête sur l'ESB ont rappelé qu'ils avaient été « frustrés » par le refus des ministres d'assister aux auditions et par la difficulté d'obtenir des informations détenues par Commission européenne. M. Adam a tenté de rassurer ses collègues en affirmant que le gouvernement britannique s'était montré disposé à coopérer avec les membres de cette commission. Neil Parish (PPE-DE, Britannique) a suggéré d'inviter l'ancien ministre britannique de l'Agriculture, Nick Brown, et aussi son successeur Margaret Beckett pour qu'ils apportent leur témoignage. Theodius Lennon, le représentant de la Commission à la DG « Santé et protection des consommateurs », a dit que son institution était prête à coopérer pleinement et de la manière « la plus transparente possible », et a précisé que la Commission adopterait d'ici la fin de l'année de nouvelles propositions pour lutter contre la fièvre aphteuse.