Bruxelles, 22/02/2002 (Agence Europe) - Les représentants des parlements nationaux au sein de la Convention sur l'avenir de l'Europe se sont réunis pour la première fois vendredi matin dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles. Ils ont choisi sans difficulté les deux parlementaires nationaux qui seront membres du présidium de la Convention, permettant ainsi à celui-ci de tenir une première réunion formelle en fin d'après-midi. Après le désistement du Finlandais Matti Vanhanen et du Luxembourgeois Paul Helminger qui s'étaient initialement portés candidats, les représentants des parlements nationaux ont désigné l'ancien Premier ministre irlandais John Bruton (Fine Gael) et la travailliste britannique Gisela Stuart. Les discussions ont aussi porté sur l'organisation des travaux et un large consensus s'est dessiné pour souligner que c'est la Convention, et non le présidium, qui devra décider du calendrier des travaux et du contenu du règlement. Les parlementaires nationaux ont estimé que le projet de calendrier est encore « trop peu dynamique » et que la Convention devrait se réunir plutôt les lundi et mardi et non jeudi et vendredi comme cela a été envisagé. Ils ont aussi commencé à organiser leurs travaux en tant que composante et ont souhaité que celle-ci tienne une réunion préparatoire deux fois par mois. Un bureau informel comprenant les deux membres du présidium et les parlementaires du pays qui assume la Présidence du Conseil devrait coordonner les travaux. Les parlementaires ont aussi insisté pour que des fonctionnaires des parlements nationaux participent au secrétariat de la Convention.
Une Convention où siègeront 15 ministres et 26 anciens ministres, très peu de femmes et un petit nombre d'eurosceptiques
La Convention qui tiendra sa réunion inaugurale vendredi prochain aura une physionomie nettement politique, puisque, alors que quelques chefs d'Etat et de gouvernement ont choisi de se faire représenter par des universitaires ou des diplomates, parmi les 105 titulaires (rappelons que les deux représentants du parlement roumain n'ont pas encore été désignés) figurent non seulement une majorité de parlementaires (européens, des Etats membres et des pays candidats), mais aussi un grand nombre de ministres et d'anciens ministres. Ainsi, les ministres en fonction sont 15: 6 pour l'UE, si on compte aussi le ministre-président du Bade-Wurtemberg Erwin Teufel, à savoir Louis Michel, Pierre Moscovici, Gianfranco Fini, Peter Hain et Lena Hjelm-Wallén; 9 pour les pays candidats (ceux qui ont décidé d'envoyer des ministres à la Convention sont: Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie, Lituanie, Lettonie et Turquie). Reste à voir si des changements ne s'imposeront pas à cause des résultats des nombreuses élections attendues à l'avenir (six dans l'UE seulement cette année: France, Allemagne, Portugal, Irlande, Pays-Bas et Suède).
En outre, parmi les délégués à la Convention, on compte un ancien Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, et 26 anciens ministres, y compris d'anciens Premiers ministres, comme Jean-Luc Dehaene, Giuliano Amato, Lamberto Dini, Jacques Santer, John Bruton, Poul Schlüter pour l'UE, ou Alfred Sant, Premier ministre maltais de 1996 à 1998 pour les pays candidats. En tout, les pays membres de l'UE envoient à la Convention 14 anciens ministres, et les pays candidats 12.
Quant à la couleur politique des délégués, alors que, pour le Parlement européen, le groupe du PPE-DE a le plus grand nombre de membres à la Convention, si on observe les représentants des gouvernements et des parlements nationaux on peut compter 17 socialistes ou sociaux-démocrates, 15 délégués appartenant à la famille du PPE, 7 libéraux, les autres étant issus de partis comme Fianna Fail, Alleanza nazionale, FPÖ ou l'eurosceptique Parti danois du peuple. Les eurosceptiques sont donc représentés, même si on peut évaluer à seulement une dizaine les sceptiques déclarés: deux Danois (Peter Skaarup et le député européen Jens-Peter Bonde, qui se proclame pourtant "euroréaliste), le conservateur britannique David Heathcoat-Amory (qui avait quitté à l'époque le gouvernement Major pour être plus libre de faire campagne contre l'UEM), le parlementaire autrichien Reinhard Bösch (FPÖ) et, parmi les délégués des pays candidats qui se sont déjà exprimés, le député tchèque Jan Zahradil (auteur du pamphlet "Real Interest in the Real World" et du Manifesto of Euro-Realism"), la parlementaire slovaque Irena Belohorska et, sans doute, aussi l'ancien Premier ministre maltais Alfred Sant (dont le gouvernement avait "gelé" la demande d'adhésion à l'UE du gouvernement précédent).
Quant aux femmes, en attendant la désignation des deux représentants du parlement roumain, elles ne sont que 16, face à 87 hommes.