Paris, 21/02/2002 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires étrangères français Hubert Védrine, en répondant mercredi à l'Assemblée nationale à des questions sur le discours du Président Bush à propos de "l'axe du mal", a souligné que depuis le 11 septembre, "nous n'avons pas marchandé notre soutien à un peuple terriblement éprouvé (...). La lutte contre le terrorisme est une impérieuse nécessité et doit être poursuivie avec énergie. Mais peut-on y ramener tous les problèmes du monde? La lutte contre le terrorisme ne doit-elle être menée que par des moyens militaires? Ignorer ses causes et racines profondes serait trop simpliste". M.Védrine a constaté que d'autres responsables européens se sont inquiétés des tendances qui se dessinent à Washington, "ce qui a étonné les Américains" . Et il a poursuivi "Mais, comme l'a dit Joschka Fischer, les alliés ne sont pas des satellites! Et, comme l'a demandé José Maria Aznar, un débat doit se tenir sur la forme que doit prendre la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération des armes de destruction massive (...). Ce débat, nous avons l'intention d'y participer pleinement. La puissance des Etats-Unis leur confère une responsabilité non moins exceptionnelle. Nous souhaitons qu'ils acceptent ce débat légitime et qu'ils s'engagent dans une approche multilatérale des grands problèmes du monde: le terrorisme, certes, mais aussi la pauvreté, les injustices, les tragédies régionales et la gouvernance du monde".