Bruxelles, 18/02/2002 (Agence Europe) - Lors d'un entretien avec quelques journalistes, le nouveau président du groupe libéral au Parlement européen Graham Watson a affirmé lundi que son groupe voulait "donner le ton pour Barcelone" et sur la poursuite de la stratégie de Lisbonne. Et il a précisé que le groupe essaiera de rendre "un peu moins dirigistes" les propositions de la Commission sur le prospectus et les abus de marché, qui sont importantes pour la réalisation d'un marché commun des services, qui doivent être votés pendant la plénière de mars (les rapporteurs sont Chris Huhne et Robert Goebbels). "Je ne suis pas enchanté de l'approche Blair-Berlusconi", non pas sur la substance, qui va dans le sens de la nécessaire libéralisation , mais parce qu'elle risque de diviser, a-t-il commenté au sujet du sommet anglo-italien de la semaine dernière (voir EUROPE du 15 février, p.14).
Quant à la lutte contre le terrorisme, M.Watson, qui était en première ligne dans cette discussion comme président de la commission des libertés publiques du PE, a salué la décision de plusieurs Etats membres, annoncé à Saint-Jacques-de-Compostelle, d'introduire le mandat d'arrêt européen dès l'année prochaine, tout en martelant que ceci ne doit pas aller "au détriment des garanties judiciaires", et que les Etats membres doivent "faire preuve du même sentiment d'urgence en mettant en oeuvre les propositions de la Commission visant à assurer un procès équitable aux accusés". Au sujet de l'accord à signer avec les Etats-Unis en matière de coopération judiciaire, il a renouvelé ses critiques à l'égard des méthodes américaines après le 11 septembre (tribunaux militaires, peine de mort, etc.) et a estimé que l'UE devrait s'efforcer de démontrer aux Américains que son approche est préférable à la leur (voir EUROPE du 16 février, p.8). M.Watson, qui a tenu à souligner qu'il ne veut pas, dans ce contexte, "insister sur ce qui divise", a considéré significatif que, à Saint-Jacques-de-Compostelle, la ministre française de la Justice ait demandé que les deux Français détenus à Guantanamo soient "restitués" à la justice française.