Bruxelles, 18/02/2002 (Agence Europe) - En marge du Conseil Agriculture, le Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE (Copa) et le Comité général de la coopération agricole de l'UE (Cogeca) ont organisé, lundi midi à Bruxelles, une manifestation d'apiculteurs européens venus clamer haut et fort leurs préoccupations concernant les risques de « désintégration » de cette profession. Des représentants de la profession ont rencontré le Président en exercice du Conseil, le ministre espagnol de l'Agriculture Miguel Arias Canete, alors que le ministre luxembourgeois de l'Agriculture, soutenu par la France et la Belgique, devait demander dans l'après-midi au Commissaire Franz Fischler de poursuivre ses réflexions sur les problèmes auxquels est confronté le secteur apicole (dégradation de l'environnement et vieillissement de la population assurant cette activité).
Pour assurer la rentabilité des exploitations et éviter la disparition de ce secteur, les apiculteurs européens demandent une révision et une extension du champ d'application du règlement de 1997 sur l'amélioration de la production et de la commercialisation du miel. La mise à jour de ces dispositions devrait permettre de: - rétribuer le service environnemental rendu par ce secteur (activité de pollinisation des champs et des forêts) ; - porter à 100% la part des dépenses allouées au secteur (33 millions d'euros) financées par le budget communautaire ; - mettre en place un guide d'interprétation de ce règlement ; - revoir la procédure d'homologation des produits phytosanitaires pour mieux prendre en compte leurs effets sur les abeilles ; - garantir la viabilité des exploitations apicoles en compensant les pertes de revenus liées aux disparités du marché (qui découlent de l'absence d'une préférence communautaire dans ce secteur); - intégrer le miel dans la politique européenne de promotion des produits de qualité ; - créer une ligne vétérinaire « Maladies des abeilles ».
L'avenir de cette profession serait menacé notamment à cause de la disparition d'un grand nombre d'abeilles, intoxiquées par certains produits phytosanitaires, et de la forte disparité entre les prix moyens des miels importés (1,11 euro/kg) et les prix moyens à la production des miels européens (2,05 euros/kg). Dans de telles conditions, soulignent les organisations professionnelles, « l'apiculture n'attire plus personne, bien que la production européenne couvre moins de 50% de la demande européenne ».