Bruxelles, 18/02/2002 (Agence Europe) - L'Allemagne ayant levé sa réserve sur le financement de la future force de police en Bosnie-Herzégovine, le Conseil Affaires générales est parvenu lundi à un accord sur la mission de la force de 500 hommes qui sera déployée par l'Union européenne à partir du 1er janvier 2003. Cette mission prendra la relève de celle des Nations unies (IPTF) qui compte actuellement 1674 personnes, dont 535 Européens (le plus gros contingent est allemand avec 164 personnes). Le Conseil a invité la Présidence espagnole et Javier Solana à informer la communauté internationale que l'UE est prête à assurer cette mission. Il a également rappelé son intention de nommer le futur Haut représentant spécial en Bosnie-Herzégovine (pour l'ONU), Paddy Ashdown, Représentant spécial de l'UE (voir aussi EUROPE du 16 février, p.5).
L'accord couvre: (1) les objectifs de la mission, qui s'inscrit dans une stratégie générale de stabilisation du pays et de rapprochement des normes européennes en matière de police; (2) la chaîne de commandement dans laquelle s'inscrit le Représentant spécial et un Commissaire de police, chargé de la gestion quotidienne, sous l'autorité du Haut représentant pour la PESC, Javier Solana; (3) les aspects financiers: 14 millions d'euros pour le démarrage sont couverts par le budget 2002 et les 38 millions nécessaires chaque année, entre 2003 et 2005, sont répartis entre les Etats membres (18 millions pour les salaires et les frais des personnels mis à disposition) et le budget de la PESC (10 millions sont disponibles sur une base annuelle et la Commission consultera le Parlement pour savoir s'il est possible de débloquer les 10 millions manquants). Si tout ou partie de cette somme ne pouvait pas être débloquée au titre des prochains budgets PESC, on aurait recours à l'article 28 du traité UE pour financer le solde par des contributions nationales selon la clef PNB); (4) les modalités pour la coordination et pour les contibutions des Etats tiers à la mission.
Lors d'une conférence de presse, le Haut Représentant spécial en Bosnie-Herzégovine, Wolfgang Petritsch, a indiqué qu'environ 830 000 réfugiés, dont 100 000 au cours de l'année écoulée, ont regagné la Bosnie-Herzégovine et des zones où ils appartiennent à une minorité. Cela est très important pour l'avenir, a-t-il estimé, car cela démontre que "les architectes de la purification ethnique ont échoué". Il a souligné l'importance, pour le processus de réconciliation, du procès qui vient de s'ouvrir à La Haye contre Slobodan Milosevic et il a une nouvelle fois réclamé l'arrestation de MM. Karadzic et Mladic (il a parlé de sa "frustration personnelle" mais aussi de celle des "gens qui ne comprennent pas pourquoi ce n'est pas encore fait"). Evoquant les progrès réalisés par la Bosnie-Herzégovine qui va prochainement devenir membre du Conseil de l'Europe, M. Petrisch a dit qu'il est temps pour l'UE de mettre en place un véritable partenariat, dans le cadre du processus de stabilisation et d'association, pour soutenir et encourager ce pays sur la voie des réformes. "La force de police va donner une meilleure visibilité à l'UE en Bosnie", a-t-il affirmé, en estimant que la population en a besoin pour se sentir impliquée dans le processus d'intégration européenne.