Bruxelles, 18/12/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne critique la faiblesse des conclusions du Conseil européen de Laeken sur Galileo, mais suspend sa menace de retirer sa proposition de mener à bien ce projet européen de navigation par satellite. « Loyola de Palacio voit ces conclusions avec beaucoup de surprise et de déception », a déclaré son porte-parole lundi. La Commission juge que les conclusions du Conseil européen sont « à la limite de la cohérence », puisqu'elles soulignent l'importance stratégique du projet sans prendre de décision concrète. « Cela ne fait que confirmer les propos tenus par le Président Prodi » la semaine dernière sur les difficultés du Conseil à donner suite à ses engagements, a ajouté le porte-parole de Romano Prodi. La Commission « examinera ce qui va se passer dans les prochaines semaines, et si en mars la décision est reportée à plus tard, il y aura tout lieu de s'inquiéter », a ajouté le porte-parole de la Commissaire aux transports. Jusqu'à présent, la Commission menaçait de retirer le projet Galileo si aucune décision ferme sur la poursuite du projet n'était prise au tout début de l'année prochaine.
La Commissaire de Palacio a souligné dans un communiqué que "Tous les éléments permettant de se prononcer sont sur la table du Conseil: nous verrons dans les prochaines semaines si les conclusions de Laeken rappelant l'importance stratégique de Galileo permettent enfin de prendre une décision politique définitive". Elle a ajouté que s'il n'y a pas de décision, la crédibilité du projet serait mise en cause vis-à-vis de: 1) "l'industrie spatiale qui a déjà mobilisé de lourds investissements et attend une décision pour continuer ses travaux"; 2) "des pays tiers avec lesquels les négociations de coopération ont été entamées (Etats-Unis, Russie, Chine, Canada, )" ; 3) "l'impératif de débuter les opérations en 2008, date considérée comme cruciale par l'auditeur PriceWaterhouseCoopers pour assurer le succès commercial du programme"; 4) "l'Organisation mondiale des télécommunications, pour le maintien des fréquences allouées à Galileo".
Les Etats-Unis ont démenti clairement les affirmations de la Commission selon lesquelles ils seraient devenus plus favorables au projet Galileo depuis le 11 septembre. Comme indiqué dans EUROPE du 30 novembre, p. 7, les Etats-Unis soulignent au contraire qu'ils considèrent n'avoir reçu aucune assurance sur la compatibilité de Galileo avec le système GPS, ni sur l'usage civil du système européen. Dans une lettre adressée au début du mois au ministre belge de la Défense, Andre Flahaut, le Secrétaire adjoint à la défense, Paul Wolfowitz, se dit "préoccupé" par le risque de superposition entre le spectre radio utilisé par Galileo et le spectre du GPS pour les signaux militaires. Les services rendus par Galileo sur ce spectre menaceraient la disponibilité de services militaires GPS en cas de crise ou de conflit, assure M. Wolfowitz, en soulignant qu'il ne pense pas que "le forum civil mis en place par l'UE (pour Galileo) soit la meilleure enceinte pour parler des questions de sécurité".