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Bulletin Quotidien Europe N° 8116
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/presidence espagnole

Les ambitions espagnoles pour le Sommet de Barcelone et les relations extérieures de l'Union

Bruxelles, 18/12/2001 (Agence Europe) - En présentant à la presse les six priorités de la future Présidence espagnole (voir aussi EUROPE du 18 décembre, p. 9), le prochain président du Conseil, Josep Piqué s'est attardé sur la nécessité de faire du Sommet de printemps, les 15 et 16 mars à Barcelone, un succès et de renforcer la dynamique initiée à Lisbonne pour « faire de l'Union européenne une alternative aux autres grandes puissances économiques comme moteur de la croissance mondiale ». Dans cette optique, le ministre espagnol des Affaires étrangères a plaidé pour une accélération des réformes structurelles, le respect du pacte de stabilité (il a dit qu'il ne faut pas « céder à des tentations protectionnistes ou des dérives budgétaires ») et la mise en place d'une stratégie européenne de développement durable. Les ambitions de l'Espagne comportent: - la création d'un « espace européen des transports et des télécommunications » ; - le renforcement de la libéralisation et de l'interconnexion des marchés de l'énergie ; - la création d'un marché unique financier (notamment: plan d'action pour les services financiers, directive sur les OPA) ; - la mobilité des travailleurs et la réforme des marchés du travail ; - l'éducation, la formation et les nouvelles technologies de l'information.

S'agissant de l'élargissement, M. Piqué a insisté sur le fait que l'Espagne entend bien respecter la feuille de route des négociations, en particulier en ce qui concerne les gros chapitres que sont l'agriculture et la politique régionale (il a rappelé que cela représente 80% du budget communautaire) ainsi que les aspects liés au financement de l'Union élargie. Le Conseil de Séville sera l'occasion de faire le point sur les négociations et l'état de préparation des pays candidats, a souligné M. Piqué en indiquant que la Présidence espagnole va mettre en place, avec le Danemark qui lui succédera au deuxième semestre et devrait conclure les négociations avec un premier groupe de pays, un groupe de travail chargé de rédiger les traités d'adhésion.

Dans le domaine des relations extérieures, la Présidence espagnole veut aussi renforcer la présence de l'Union européenne. Il s'agit de renforcer la politique étrangère et de sécurité commune, a dit M. Piqué qui a souligné la nécessité de « mettre l'accent sur la politique européenne de sécurité et de défense », renforcer les capacités militaires effectives et améliorer les mécanismes de réaction rapide. M. Piqué a ensuite évoqué:

- l'Afghanistan, où l'UE doit participer à la reconstruction et apporter une aide humanitaire tout en déployant une action dans les pays voisins ; - le Proche-Orient où l'UE devrait s'impliquer de plus en plus: « C'est la sécurité et la stabilité de toute la zone méditerranéenne qui est en jeu », a dit M. Piqué ; - le processus de Barcelone : « S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer », a dit le ministre espagnol des Affaires étrangères qui souhaite le relancer en mettant en place des instruments plus efficaces dans les secteurs de la sécurité, des finances et des questions sociales, et M. Piqué a rappelé que le Conseil européen de Laeken s'est prononcé pour la création d'une banque euroméditerranéenne de développement ; - la relation transatlantique qui devrait être renforcée ; - la Russie qui « est dans un processus que nous devons appuyer » ; - l'Amérique latine : M. Piqué a dit que l'Espagne souhaite dépasser la rhétorique et obtenir des résultats concrets ; - la coopération au développement : M. Piqué a cité les ACP et le Sommet de Monterrey sur le financement du développement ; - la coopération avec les Nations unies : M. Piqué a notamment mentionné la nécessité de progresser dans la mise en place du Tribunal pénal international et une position ferme et cohérente de l'UE lors de la session de la Commission des droits de l'Homme.

Le Représentant permanent espagnol Francisco Javier Conde de Saro a indiqué mardi, lors d'une rencontre organisé par The European Policy Centre, que l'Espagne a elle aussi (comme la Présidence suédoise) ses trois "e": - euro: il faudra en particulier promouvoir l'euro comme "monnaie de réserve", a dit l'ambassadeur espagnol, qui a soulevé le problème des DM qui circulent en grande quantité en Europe de l'Est; - "plus d'Europe": la Convention commencera à travailler le premier mars, a rappelé M.Conde, qui a annoncé que "nous voulons contribuer avec un certain nombre d'idées". Nous allons poser par exemple, a-t-il dit, une série de questions, comme celles de savoir: que devons-nous, que voulons-nous faire afin que l'UE puisse affronter des défis comme celui de l'Afghanistan?; - élargissement: l'ambassadeur a comparé la prochaine phase des négociations d'adhésion (voir plus haut) au Tour de France lorsque, en quittant "les plaines", on doit attaquer les Pyrénées ou les Alpes.

Parmi les autres priorités, M.Conde a cité les relations avec l'Amérique latine et, au-delà, les relations entre l'Union et "les Amériques" dans les dix prochaines années, en estimant qu'il faut les voir de manière plus "stratégique", et pas comme un "patchwork". Quant au processus de Lisbonne, il a souhaité lui aussi le retour à "l'esprit d'origine", ce qui signifie, selon lui, qu'il faut mettre davantage l'accent sur le volet économique et social et ne pas faire de l'environnement une politique dominant toutes les autres. En répondant à des questions, M.Conde a douté qu'à Barcelone on puisse enregistrer de grandes avancées dans la libéralisation de la poste: l'année prochaine, a-t-il rappelé, nous avons une série d'élections, notamment en France et en Allemagne...

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