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Bulletin Quotidien Europe N° 8115
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/sommet de laeken

à Laeken, on a choisi de faire « une nouvelle Europe », affirme M. Verhofstadt, qui rencontrera mercredi Colin Powell, avec Javier Solana et qui estime avoir fait une « proposition équilibrée » sur les sièges des agences

Bruxelles, 17/12/2001 (Agence Europe) - Guy Verhofstadt a esquissé devant le Parlement européen réuni en session extraordinaire le 17 décembre un bilan positif du Conseil européen de Laeken et du semestre d'une Présidence belge du Conseil de l'UE qui a été « bouleversée » par les attentats du 11 septembre. Le plus important, c'était la Déclaration de Laeken par laquelle, pour la première fois, « nous avons lancé un processus constitutionnel » et décidé de « faire une nouvelle Europe », a affirmé le Premier ministre belge, qui a répété que si la future Convention aboutit à « un bon rapport final », la CIG « devra en tenir compte ». Si la Convention est un succès, cette méthode devrait être un « acquis définitif » pour les futures réformes, a-t-il estimé. Et il a salué le fait que son projet de Déclaration de Laeken ait été « retravaillé, peaufiné », mais que « l'essentiel » n'ait pas été « modifié ».

Par ailleurs, M.Verhofstadt a évoqué, en particulier: - la situation au Proche-Orient. Il a annoncé que, avec Javier Solana, il rencontrera mercredi prochain le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell ; - la PESD. « Il me semble qu'un accord avec la Grèce est aussi à la portée de la main » (après « l'avancée » avec la Turquie), a-t-il dit, en notant que la PESD est devenue opérationnelle et que l'UE pourra donc mener des opérations de gestion des crises, « même si au début ce n'est que de manière limitée » ; - les manifestations antimondialistes. Malgré la présence de 80.000 personnes à Bruxelles jeudi, les incidents ont été « extrêmement limités », grâce à une présence « discrète, sans provocation » de la police, mais « une intervention rapide et sévère dès qu'un certain seuil a été dépassé », s'est félicité M.Verhofstadt, en remarquant: « D'autre part, nous avons pris les autres antimondialistes au sérieux, nous avons parlé avec eux, ils nous ont même appris pas mal de choses. La liste noire des confrontations - Seattle, Nice, Göteborg, Gênes - s'est arrêtée » ;- les sièges des agences. « J'avais élaboré une proposition équilibrée. Deux Etats ne pouvaient l'accepter. Je n'ai pas voulu entrer dans une nouvelle négociation à la recherche d'un compromis boiteux », a répété M.Verhofstadt.

En conclusion, le Premier ministre belge a dit espérer qu'avec la Déclaration de Laeken, il avait apporté sa pierre à la réalisation du « rêve » d'une « superpuissance européenne », avec « sa diversité », « sa richesse culturelle », qui est, selon lui, « le rêve politique le plus important de notre époque ». Pour compléter le bilan de la Présidence belge, Guy Verhofstadt a aussi estimé que « la coordination entre le Conseil et le Parlement s'est excellemment déroulée ».

M. Prodi: la Convention, c'est une « rupture délibérée » avec le passé

Le Président de la Commission européenne Romano Prodi a vu lui aussi dans la Déclaration de Laeken « un grand pas en avant vers l'Europe que nous voulons, dans laquelle les citoyens commencent enfin à s'identifier ». La Convention, c'est « une rupture délibérée avec le passé » et elle doit se dérouler « en pleine lumière », et la Commission y travaillera comme « garante des traités et porteuse de l'esprit communautaire », a-t-il assuré, en estimant par ailleurs qu'il ne faut pas sous-estimer l'implication, pour la première fois, des pays candidats dans un tel processus institutionnel. « Il s'agit de leur avenir, et pas seulement du nôtre », s'est-il exclamé. M. Prodi a souligné l'importance de l'enjeu: à l'ère de la mondialisation, l'Europe doit montrer qu'elle peut aller de l'avant avec l'intégration et l'élargissement sans risquer que les citoyens rejettent les résultats obtenus, a-t-il dit. Les travaux de la CIG s'achèveront au plus tard en 2004, mais « probablement avant cette date », a estimé par ailleurs M. Prodi. (Rappelons que la Déclaration de Laeken ne cite aucune date). Quant à l'échec sur les sièges des agences, il a estimé que « ce n'est pas un drame », mais qu'il a montré une fois de plus que « l'unanimité entrave les progrès »: nos citoyens « n'en peuvent plus de ce type de marchandage » et ce qui les intéresse, c'est que l'Autorité alimentaire soit en place, a-t-il ajouté, en confirmant que l'Autorité commencera à fonctionner le premier janvier dans son « siège provisoire - et je souligne: provisoire » à Bruxelles.

L'ensemble des groupes politiques a approuvé l'adoption et le contenu de la déclaration de Laeken - avec bien sûr quelques nuances - et s'est félicité de la perspective de la Convention. Le président du groupe PPE, Hans-Gert Pöttering (PPE) en a remercié la Présidence belge, dont le succès a montré, selon lui, « que parfois le gouvernement d'un petit pays peut faire beaucoup plus pour la construction européenne que celui d'un grand pays ». Il a appelé à « parlementariser » le débat et a invité les différents groupes politiques du PE, comme les gouvernements, à envoyer des représentants de qualité à la Convention. Au nom du groupe socialiste, Enrique Baron Crespo s'est félicité que l'on soit maintenant « dans une perspective de Constitution ». « Ce qui est important, c'est que l'on crée une dynamique constructive dans cette Convention » a-t-il souligné (pour les remarques de ces deux présidents de groupe, voir aussi la nouvelle suivante). Pat Cox, pour le groupe libéral, a mis l'accent sur le « changement considérable dans l'atmosphère » du Parlement par rapport à la déception qui régnait après le Traité de Nice. « Mais il ne faut pas confondre l'atmosphère et la substance », a-t-il averti en soulignant que toute l'attention devait maintenant être portée aux travaux de la Convention. Pat Cox a aussi profité de son intervention pour féliciter Guy Verhofstadt, qui a été « plus présent au Parlement européen que ces prédécesseurs ».

Au nom des Verts, Paul Lannoye a apprécié dans la déclaration de Laeken « un pas important dans la voie d'une Union européenne plus transparente, plus intelligible, plus efficace, et plus forte sur la scène internationale ». Il a regretté l'absence de femme dans le « triumvirat » qui présidera la Convention, et aurait aimé que les conclusions du Conseil européen adressent un message critique aux Etats-Unis à propos du retrait du Traité des missiles antibalistiques (ABM) et du blocage des travaux sur les armes bactériologiques. Francis Wurtz (GUE-NGL) approuve « tout ce qui peut contribuer au débat sur l'avenir de l'Europe » mais regrette qu'aucune question sur « le projet européen, politique » n'ait été incluse dans la déclaration de Laeken. « Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on fait tomber la fièvre », a-t-il souligné en demandant que la Convention se penche sur la question sociale au sens large, avec le rôle de l'euro et de la Banque centrale européenne, mais aussi sur la taxation des capitaux, les services d'intérêt général…Francis Wurtz a aussi appelé la société civile « à investir de manière constructive et sans tabou ce nouveau forum » que sera la Convention .

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