Strasbourg, 17/12/2001 (Agence Europe) - En adoptant, à l'issue de son débat d'urgence, une résolution commune de six groupes politiques (PPE-DE, PSE, ELDR, Verts/ALE, GUE/NGL, UEN), le Parlement européen demande à la Commission et au Conseil d'adopter une attitude intransigeante à l'égard du président Robert Mugabe et du parti au pouvoir au Zimbabwe. Le Parlement estime qu'une quantité disproportionnée de terres appartenant aux 1700 fermiers blancs a été attribuée à des partisans du président Mugabe. Il constate que « les politiques menées par le gouvernement de M. Mugabe ont provoqué un désastre humanitaire qui participe à l'appauvrissement du Zimbabwe, dans la mesure où près des trois quarts des 12,5 millions d'habitants du Zimbabwe vivent dans une pauvreté lamentable, où l'inflation s'élève à 98%, où l'économie accusera un recul de 7,3% en 2001, où les arriérés de la dette extérieure s'élèvent à 776 millions d'euros et où une diminution dramatique de la production alimentaire a contraint le Programme alimentaire mondial à mettre sur pied une opération de secours massif pour nourrir plus de 500 000 Zimbabwéens désormais en proie à la famine ». Le Parlement souligne aussi que les critiques émises sur le plan international sont de plus en plus déterminées, comme en témoigne le refus des alliés traditionnels que sont l'Afrique du Sud, le Botswana, le Mozambique, le Lesotho et la Zambie de soutenir le Zimbabwe lors de la dernière session de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE.
Le Parlement déplore l'intensification des actes de violence, d'intimidation et des crimes, déclenchée par le président Mugabe et le parti au pouvoir, ZANU-PF, et il condamne: - les restrictions à la liberté d'expression ; - les atteintes à la vie et aux moyens d'existence des fermiers ; - les actions qui visent à contrôler le pouvoir judiciaire ; - le refus du gouvernement zimbabwéen d'instaurer une commission électorale indépendante pour conduire les élections présidentielles prévues en mars 2002. Le Parlement demande au régime de M. Mugabe de remplir immédiatement ses engagements internationaux, de retirer ses troupes de la République démocratique du Congo et de ne plus participer à l'exploitation des ressources minières de ce pays. Il demande à l'UE d'entamer le compte à rebours du délai de 60 jours prévu par l'article 96 de l'Accord de Cotonou pour suspendre la coopération avec le Zimbabwe et de rechercher l'assentiment international le plus vaste possible en vue de prendre des mesures sévères contre le régime de M. Mugabe. Les Quinze sont aussi invités à adopter d'urgence des sanctions dites « intelligentes » contre le Zimbabwe, comprenant: (1) l'identification et le gel des actifs détenus, dans les Etats membres de l'UE et les pays associés, par M. Mugabe, sa famille et des complices proches désignés ; (2) la restriction de la délivrance de visas à ces mêmes personnes.