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Bulletin Quotidien Europe N° 8091
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/afghanistan

Mme Durant annonce une visite en Inde de MM. Michel et Prodi - M. Busquin: exploiter le renversement de situation pour accélérer l'aide humanitaire - Des députés s'inquiètent des « mini-sommets » style Londres

Strasbourg, 14/11/2001 (Agence Europe) - L'Assemblée générale de l'ONU en cours à New York sera une occasion de « renforcer la coalition » internationale contre le terrorisme, a affirmé mercredi, au nom de la Présidence du Conseil de l'UE, Isabelle Durant, la ministre belge des Transports, qui a introduit le débat du Parlement européen sur la situation internationale (et qui a porté presque exclusivement sur l'Afghanistan, mais sans oublier le conflit israélo-palestinien). Le président du Conseil Louis Michel est actuellement à New York, et Mme Durant a repris les propos qu'il y avait tenus (voir EUROPE des 12/13 novembre, p.5). La ministre, qui a annoncé une visite de Louis Michel et de Romano Prodi en Inde le 23 novembre, a précisé que la « stratégie Afghanistan » de l'UE s'articule sur cinq axes: priorité à l'aide humanitaire d'urgence, rôle central de l'ONU (le Conseil de l'UE « se coordonne pour contribuer à une meilleure initiative de la mise en oeuvre du plan de M. Brahimi », envoyé spécial de Kofi Annan, a dit Mme Durant), recherche d'une solution politique interne juste et durable, plan de reconstruction et stabilité régionale. A ce stade, l'UE préfère « ne pas se prononcer ouvertement pour une solution ou une autre » à Kaboul, a indiqué Mme Durant. Il faut profiter du renversement de la situation pour accélérer l'aide humanitaire, a affirmé le Commissaire européen Philippe Busquin, qui a annoncé que la Commission souhaitait évaluer aussi rapidement que possible les « besoins urgents » du peuple afghan: notre aide humanitaire, inférieure seulement à l'américaine, est « largement méconnue », alors qu'elle a « sauvé des vies », s'est-il exclamé. Quant aux « initiatives indépendantes » prises dernièrement par certains Etats membres, il a estimé qu'elles ne sont pas un signe de division: la politique étrangère européenne sera « commune, mais pas unique », et chacun y apporte ses atouts.

Le président du groupe PPE-DE Hans-Gert Pöttering est d'un autre avis: ce que « certains Etats membres se sont permis » à Londres est « embarrassant », s'est-il écrié, en estimant que la Présidence belge du Conseil aurait dû « protester » au lieu de « se faire inviter » au sommet, et que la Commission européenne devrait, elle aussi, « s'immiscer ». Philippe Morillon (UDF) a rappelé que le commandant Massoud, lorsqu'il avait visité le PE en avril dernier, « ne demandait rien d'autre (…) qu'une pression diplomatique efficace sur le Pakistan », et « tablait sur sa connaissance du degré d'exaspération de la population afghane à l'égard des talibans pour prédire sa révolte ». Et, en fustigeant les « experts installés dans leur certitude » qui affirmaient que l'Alliance du Nord ne représente « qu'un très faible pourcentage des opinions de la population afghane », l'ancien général a noté que ceux qui, « derrière Nicole Fontaine, avaient eu l'intelligence d'écouter Massoud », ne peuvent que se réjouir de voir ces « Cassandres » démenties par la réalité. Au cours de ce débat pendant lequel il a été très peu question d'interventions militaires, le président du groupe socialiste Enrique Baron a constaté que la coopération entre polices contre le terrorisme s'est améliorée, et a plaidé pour un renforcement de la PESC et une « actualisation des missions du Petersberg », alors que le président du groupe libéral Pat Cox a insisté sur la « visibilité » de l'Union sur le terrain, et que Joost Lagendijk, au nom des Verts/ALE, a exprimé la crainte que « le politique soit dépassé par le militaire ». « Ne boudons pas notre plaisir d'entendre de la musique dans les rues de Kaboul ou une voix de femme à radio Kaboul », a déclaré le président du groupe de la Gauche unitaire/Gauche verte nordique Francis Wurtz, tout en avertissant: gardons-nous d'idéaliser l'Alliance du Nord, et n'oublions pas que le but est de démanteler les réseaux terroristes. Quant à la radicale italienne Emma Bonino, elle a annoncé, pour le 24 novembre, une journée mondiale de jeûne pour obtenir une participation « consistante » de femmes au sein du futur gouvernement provisoire afghan: pendant que les hommes se faisaient la guerre, elles étaient 40% des médecins, 50% des enseignants, 70% du personnel des administrations, mais maintenant, à la table de négociations, « je ne vois que des barbes, plus ou moins longues, mais aucune de ces femmes fantastiques ». Le vert français Didier Rod a renchéri: l'UE ne devrait souscrire à aucun gouvernement provisoire où ne figureraient pas des femmes. Quant à l'Irlandais Gerard Collins (Union pour l'Europe des nations), il a tenu à rappeler que notre ennemi, dans cette guerre, ce ne sont pas les musulmans.

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