Bruxelles, 14/11/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie à propos d'une aide d'un montant de 18 millions d'euros destinée à l'usine de Renault à Valladolid. L'aide en question, notifiée par l'Espagne en décembre 2000 au titre des aides à finalité régionale, est destinée à aider Renault dans des projets d'investissements au sein de son usine de construction de moteurs. D'un montant de 129 millions d'euros, les investissements en question ont pour objectif l'installation d'une nouvelle chaîne flexible capable de produire des moteurs à essence et des moteurs diesels. Les autorités espagnoles ont justifié leur intervention par le fait que Renault aurait pu décider de réaliser l'investissement sur le site de Bursa en Turquie plutôt qu'à Valladolid. Les règles européennes en matière d'aides d'Etat dans le secteur automobile exige une analyse coûts/bénéfices comparant les frais que devra supporter l'investisseur dans la région en question (ici, Valladolid) avec ceux qu'il devrait envisager, pour un projet identique, dans une région différente (Bursa, en l'occurrence) et ce afin de quantifier les handicaps spécifiques à la première localisation. A l'issue de cette comparaison, les autorités espagnoles soutiennent que Valladolid présente un handicap concurrentiel de 27,91% par rapport à Bursa, ce qui suffirait à justifier l'aide régionale prévue qui s'élèverait à 14,31% des coûts éligibles. Elles n'ont cependant pas réussi à convaincre la Commission que l'investisseur considérait véritablement le site turc comme une alternative viable à celle de Valladolid. L'usine espagnole produit en effet déjà des moteurs et la localisation sur ce site d'une chaîne supplémentaire de construction de moteurs fortement automatisée lui permettrait de profiter d'économies d'échelle et de compétences. En outre, l'analyse coûts-bénéfices n'établit pas clairement le handicap en termes de coûts de Valladolid par rapport à Bursa.