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Bulletin Quotidien Europe N° 8091
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/elargissement

MM. Prodi et Verheugen soulignent que 2002 sera une année décisive - Questions sur la Turquie

Strasbourg, 14/11/2001 (Agence Europe) - Le Président Romano Prodi, comme nous l'avons indiqué, a tenu à saluer personnellement devant le Parlement européen, mardi après-midi, les progrès faits par les pays candidats sur la voie de l'adhésion à l'Union européenne, tels que les décrivent les rapports présentés au Parlement par le Commissaire à l'élargissement, Günter Verheugen (voir EUROPE d'hier, p. 9). Avec l'élargissement, l'Union se prépare à assumer des « responsabilités continentales qui exigent une nouvelle réflexion sur nos moyens, sur nos politiques et sur les objectifs de notre action », a affirmé le président de la Commission européenne, en ajoutant: « Notre engagement et notre courage doivent égaler l'engagement et le courage avec lesquels les pays candidats préparent leur entrée dans l'Union ». Les progrès réalisés montrent que l'événement historique qu'est l'élargissement est réellement « à la portée de la main, à la condition qu'on maintienne ce rythme soutenu », a estimé M. Prodi, qui a noté que « exactement dans un an, nous évaluerons la capacité de chaque pays candidat d'assumer les droits et les obligations découlant de son adhésion à l'Union » (M. Verheugen a remarqué dans son intervention que l'année prochaine la Commission devra donner ses »avis définitifs » sur les progrès des pays candidats, et qu'à ce moment-là, il ne devrait plus y avoir de « carences »). Nous devrions alors avoir conclu les négociations avec les pays respectant les critères, ou au moins être proches de la conclusion des négociations, et ces pays pourront donc adhérer à l'UE « avant les élections de juin 2004 »¸ a noté Romano Prodi qui a insisté, comme le Commissaire Verheugen, sur la nécessité que les pays candidats se dotent des capacités administratives nécessaires pour appliquer correctement les politiques de l'UE (la verte allemande Elisabeth Schroedter s'en est particulièrement félicitée). M. Prodi a aussi souligné la nécessité d'élargir la « zone de prospérité et de stabilité dont nous avons besoin » au-delà de l'UE et de ses futurs Etats membres, grâce à la « politique de voisinage » qui est « l'un des objectifs stratégiques de cette Commission », grâce à des accords de libre-échange ou des accords du type de celui sur l'Espace Economique Européen, afin de renforcer « l'interpénétration économique ».

Au cours de l'échange avec MM. Prodi et Verheugen, le président du groupe du PPE-DE, Hans-Gert Pöttering a indiqué que le Bureau de son groupe avait constaté, lors d'une réunion en Hongrie la semaine dernière, l'inquiétude de ses interlocuteurs face à un éventuel retard de la Pologne qui pourrait aussi entraîner un retard pour d'autres candidats. « Il n'y a aucun besoin de placer la Pologne dans une autre catégorie », elle s'est investie dans cette « course vers l'adhésion avec une capacité extraordinaire », a répliqué Romano Prodi, en remarquant: « lorsque nous allons en Pologne, ils nous disent que nous préférons les petits pays, lorsque nous allons dans les petits Etats, ils nous disent qu'on préfère la Pologne… ».

Plusieurs députés ont interrogé M. Verheugen sur les développements en Turquie, et notamment sur les menaces d'"annexion" du Nord de Chypre, en commençant par le social-démocrate autrichien Hannes Swoboda. Si on ne trouve pas un règlement politique pour Chypre avant la fin des négociations d'adhésion, si les Etats membres et le Parlement approuvent quand même, dans de telles conditions, l'adhésion de Chypre à l'UE, et si la Turquie réagit ainsi à une telle situation, nous nous trouverons dans « la plus difficile crise jamais connue entre l'UE et la Turquie », et je ne vois pas comment « on pourra sortir de cette crise », a répondu M. Verheugen. Et, en répondant au président du groupe libéral Pat Cox qui lui demandait s'il y avait eu des signes positifs du côté d'Ankara, il a cité le Partenariat d'adhésion (qui « fonctionne dans toutes ses parties » et les progrès concernant l'acquis, mais il a répété qu'il aurait attendu « nettement plus » de la Turquie en ce qui concerne un règlement à Chypre, et qu'il était déçu aussi bien en matière de droits de l'homme qu'à propos du comportement de la Turquie au sujet de la politique de sécurité et de défense de l'UE. Ce n'est pas « approprié » qu'un pays qui veut adhérer à l'UE entrave un progrès « essentiel » de l'intégration européenne, s'est exclamé M. Verheugen. J'ai l'impression que nous avançons « presque sans filet de sécurité », s'est écrié Guido Podestà, élu de Forza Italia, à propos de Chypre. Qu'avez-vous à dire de la situation des Kurdes en Turquie, a demandé l'Allemande d'origine turque Feleknas Uca, membre du PDS. Aujourd'hui, nous n'avons pas présenté de rapport sur la Turquie, car le Partenariat d'adhésion n'a commencé qu'au printemps dernier, a répondu M. Verheugen (qui, dans son intervention, avait indiqué que la Commission n'était pas en mesure de suggérer qu'on entame le travail de « screening » des progrès réalisés par ce pays).

Dans sa conférence de presse de mardi soir à Strasbourg, M. Verheugen a précisé ce qui suit: (a) adaptation des structures administratives des pays candidats . Aucun pays candidat ne remplit encore ce critère, a souligné M. Verheugen: si, fin 2002, nous nous trouverons dans la « triste » situation où l'un ou l'autre pays ne pourra pas montrer qu'il est en mesure d'appliquer le droit communautaire, la Commission ne pourra pas se prononcer de façon positive sur son adhésion. Mais le plan d'action prévu dans le document stratégique de la Commission vise précisément à aider les candidats, dans l'année à venir, à réaliser les progrès leur permettant d'assurer l'application du droit communautaire. Ce programme ne pourra s'appliquer que lorsqu'on saura quels pays sont prêts à adhérer dès 2004; (b) cadre financier. L'adhésion de dix candidats d'ici 2004 sera possible sans dépasser les limites de l'Agenda de 2000, a assuré M. Verheugen; (c) élargissement et réforme des institutions. Même si les réformes sont nécessaires, l'élargissement ne doit pas être subordonné à des décisions dans ce domaine: cela conduirait à des retards « inacceptables »; (d) Pologne. Elle se trouve toujours dans le groupe de tête: dix-neuf chapitres de négociation ont été clos, mais en réalité on devrait parler de « dix-neuf plus trois », puisque trois autres chapitres sont « mûrs » et n'exigent qu'une décision politique En tous les cas, la crainte que toute la négociation serait retardée pour tenir compte de la situation de la Pologne est totalement injustifiée; (e) Bulgarie et Roumanie. M. Verheugen a souligné les progrès remarquables réalisés dernièrement par ces deux pays, et leur rôle irremplaçable pour la stabilité des Balkans; (f) Turquie. Elle a fait des progrès, mais la Commission devra suivre et évaluer les modifications de la Constitution turque et leur application concrète, a dit M. Verheugen, en ajoutant que l'Union est prête à aider la Turquie, notamment sur le plan technique, dans le cadre des institutions existantes, comme les sous-comités du Conseil d'association; (g) Chypre. M. Verheugen n'a pas caché sa déception: du côté turc, on ne constate aucun « mouvement digne de ce nom », et la position du leader chypriote-turc Rauf Denktash reste inchangée. On peut douter de la légitimité de cette position, a estimé M. Verheugen, puisque la majorité des Chypriotes turcs voudraient que Chypre entre dans l'Union et sont conscients du fait que cela implique le règlement du conflit entre les deux communautés.

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