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Bulletin Quotidien Europe N° 8089
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/mediterranee

La réunion extraordinaire du Forum parlementaire marque un consensus contre le terrorisme et ses causes.

Bruxelles, 12/11/2001 (Agence Europe) - La session extraordinaire du Forum parlementaire euroméditerranéen, réuni le 8 novembre à Bruxelles à l'initiative de Nicole Fontaine, présidente du PE, et Abdelouahed Radhi, président de la Chambre des représentants du Maroc, a, comme nous l'avons indiqué (voir EUROPE du 10 novembre, p.4), permis un débat sur les suites des attentats du 11 septembre entre parlementaires - européens ou nationaux- des vingt-sept pays du processus de Barcelone, qui ont surtout affirmé le besoin d'une mobilisation générale pour réduire toutes les sources d'incompréhension et de malentendus. La Libye, la Mauritanie et la Ligue arabe participaient comme observateurs.

La déclaration finale « exprime la solidarité avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis (...), ainsi qu'avec l'ensemble des peuples à travers le monde victimes de cette même barbarie » qu'est le terrorisme. Le Forum affirme que « toutes les actions entreprises pour éradiquer le terrorisme doivent être (…) ciblées de façon à éviter de porter préjudice aux civils innocents » et rappelle la « relation étroite entre le terrorisme international et les autres fléaux tels le crime organisé, le trafic de drogue et d'armes, le blanchiment d'argent et la corruption ». Il souhaite que se tienne une « conférence internationale sur le terrorisme » et que les pays du processus de Barcelone s'engagent dans une coopération ad-hoc, et « rejette catégoriquement toute tentative d'amalgame entre islam et terrorisme et affirme s'engager au renforcement, sous toutes ses formes, du dialogue interculturel ». Comme antidote, il demande de « favoriser cette connaissance mutuelle entre les peuples, et d'accorder de l'attention au développement des systèmes éducatifs et programmes d'enseignement et de formation de jeunes, notamment par des stages et échanges dans le secteur de la presse et des médias ». Il recommande aussi que soient « développés de manière substantielle les mécanismes et les programmes de promotion de la femme ».

La déclaration souligne enfin que le processus de Barcelone est l' « instrument essentiel et de choix pour le dialogue et la coopération entre l'UE et les pays du sud et de l'est de la Méditerranée, et sa relance sera une contribution de premier plan pour le processus de paix au Moyen-Orient »; mais il doit être « débureaucratisé drastiquement » et les parlementaires doivent y prendre une part plus active.

En ouverture de la session, Nicole Fontaine a dit que, « compte tenu du caractère transnational » de crimes comme les attentats du 11 septembre, le PE suggère de convoquer une conférence internationale dans le cadre de l'ONU. Abdelouahed Radhi a affirmé qu'il « faut affronter avec courage, lucidité et clairvoyance les causes profondes du mal », et estimé que le processus de Barcelone « restera bloqué tant que l'occupation israélienne des territoires palestiniens continue ».

Le Président de la Commission Romano Prodi et le Haut Représentant pour la PESC Javier Solana ont, tous deux, marqué la nécessité de favoriser la compréhension et le dialogue, non seulement entre gouvernements mais aussi entre sociétés civiles, et Amr Moussa, Secrétaire général de la Ligue arabe, a affirmé l'engagement de son organisation dans la mobilisation des intellectuels contre toute confusion entre terrorisme et islam. La quasi-totalité des interventions était axée sur la condamnation du terrorisme et la nécessité de consolider la compréhension et le dialogue, y compris grâce à des initiatives concrètes sur le rôle de la société civile, les femmes, la jeunesse, les migrants. C'est le cas de MM. Pöttering, au nom du PPE (« étouffer dans l'œuf le terrorisme »), Baron, pour le PSE (« agir ensemble » et « exclure toute idée de guerre de religions »), Wurtz, pour la GUE (« formidable coalition comprenant des pays de la conférence islamique », mais ne pas « tomber dans le piège » des terroristes en prônant le "conflit des civilisations"). Quelques interventions, cependant, sortaient du consensus général exprimé tout au long des débats. Celle de l'élu européen d'Alleanza nazionale Sebastiano Musumeci, pour qui guerre des civilisations il y a, et la Sicile, sa terre, serait « témoin et protagoniste » du fait que la Méditerranée n'est pas un « lieu de rencontres mais une frontière: d'un côté la pauvreté, de l'autre la prospérité ; d'un côté l'intolérance, de l'autre la liberté ». Konstantinos Alyssandrakis (GUE, grec) s'en est pris pour sa part au « terrorisme d'Etat » des Etats-Unis et d'Israël, appelant les musulmans à ne pas se joindre à la coalition antiterroriste. Sami Naïr (PSE, français) s'est interrogé sur le fait que la plupart de ceux qui sont en confrontation avec les Etats-Unis (pays ou individus) sont d'anciens alliés de Washington, et a affirmé que « il y a des antagonismes réels, politiques et culturels entre les mondes occidental et musulman, mais sans lien avec le terrorisme ». Les problèmes « ne sont pas culturels, ils sont politiques» a-t-il dit, appelant Washington à « ouvrir les yeux » sur les effets de sa politique dans le monde. Quant à la Verte française Alima Boumediene-Thiery, elle a estimé que le processus de Barcelone est "en panne", et que les accords d'association, qui sont "en faveur de l'UE", devraient être revus.

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