Bruxelles, 12/11/2001 (Agence Europe) - Le rapport du Vert belge Luckas Vander Taelen sur "Une meilleure diffusion des films européens sur le marché intérieur et dans les Etats candidats à l'adhésion", souligne la situation dramatique du marché du film en Europe et invite la Commission et le Conseil à oeuvrer d'urgence à l'élaboration d'un plan pluriannuel intégré de grande envergure pour rendre l'industrie européenne du cinéma saine et compétitive. Le rapport précise que: 1) la part de marché des films européens dans les salles de cinéma de l'UE a atteint le niveau le plus bas jamais enregistré, à savoir 22,5% en moyenne en 2000 (contre 73,7% pour les films produits aux Etats-Unis), alors que cette part européenne avoisinait les 60% au milieu des années 60; 2) toujours en l'an 2000, les films européens ont réalisé en moyenne seulement 26% de leurs entrées en dehors de leur pays de production, du fait notamment du mauvais fonctionnement de la distribution et par manque de fonds nécessaires pour leur promotion et commercialisation.
Pour tenter de remédier à cette situation, le rapporteur invite: a) la Commission, la Banque européenne d'investissement et le Fonds européen d'investissement à s'intéresser de près, lors de la mise en oeuvre de l'initiative i2i-audiovisuel lancée à la faveur du Sommet de Lisbonne, au financement de structures de distribution transnationales, aux besoins infrastructurels des petites salles indépendantes qui offrent une programmation nettement européenne et aux besoins structurels des PME européennes qui produisent des films indépendants; b) la Commission: - à s'intéresser, dans le cadre du 6ème programme-cadre Recherche et développement, à encourager la recherche sur les techniques numériques de distribution et de projections de films (e-Cinéma); - à s'interroger, lors de la révision de la directive "Télévision sans frontières", sur l'utilité et la possibilité, dans la pratique, d'obliger les chaînes de télévision à consacrer un minimum de leur temps d'antenne à la promotion de films européens, à programmer un minimum d'oeuvres européennes non nationales, et à investir au moins 3% de leur chiffre d'affaires dans l'industrie cinématographique européenne. Enfin, parmi les autres initiatives proposées, celle de redynamiser la cérémonie de remise des prix du cinéma européen (European Film Awards) grâce notamment à un plus grand soutien de l'UE, ou encore créer une Fondation européenne du Patrimoine cinématographique afin de sauvegarder la mémoire du cinéma européen.