Strasbourg, 26/10/2001 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté par 376 oui, 14 non et 104 abstentions le rapport du socialiste luxembourgeois Robert Goebbels sur le système monétaire international, et a approuvé en particulier un amendement socialiste qui salue la décision du Conseil Ecofin de demander à la Commission européenne de réaliser d'ici à la fin février 2002 une étude permettant d'évaluer "les avantages et les inconvénients de la globalisation financière", mais a rejeté la partie de cet amendement faisant allusion à l'utilisation d'une taxe Tobin. "Ce faisant, les chrétiens-démocrates et les libéraux ont censuré la décision du Conseil Ecofin de Liège (...). J'aurais préféré une discussion plus objective" sur la taxe Tobin, a commenté M. Goebbels.
En suivant son rapporteur, le PE a en notamment proposé la création d'un "Observatoire du risque systémique" (qui serait "adjoint à la Banque des Règlements Internationaux") et a demandé: (a) au niveau européen, que: - le "rôle de coordination des autorités de surveillance et de contrôle nationales existantes revienne à la Banque centrale européenne " et que , "corollairement à ce rôle", la BCE prenne "une part active dans la mise en place d'une coordination étroite au plan international" ;- afin de "permettre une gestion des crises monétaires avec la participation du secteur privé", l'UE "montre la voie par le biais d'une directive européenne". (b) au niveau du Fonds Monétaire International, que: - l'on procède à "un réaménagement intelligent des "constituantes" afin de mieux grouper le poids économique de l'UE au sein du FMI"; - l'on abolisse la "super majorité de 85% pour toutes les décisions importantes et on redistribue les votes afin de mieux refléter "l'universalité du FMI et le rôle des pays émergents"; - l'on instaure un "Comité permanent des représentants des ministres des Finances".
La PE a aussi adopté deux amendements des Verts/ALE invitant l'UE à: - adopter des dispositions pour restreindre les transactions financières avec les pays et centres offshore qui, selon le GAFI (OCDE), ne sont pas conformes aux règles prudentielles internationales minimales; - inscrire en "tête de l'ordre du jour des négociations d'adhésion" la "supervision financière" et la lutte contre le blanchiment d'argent.