Bruxelles, 26/10/2001 (Agence Europe) - Moins d'un an après le début de son fonctionnement opérationnel, EuropeAid, l'Office de coopération responsable de la gestion de l'aide extérieure de la Communauté né de la réforme en cours à la Commission européenne, a progressé dans ses travaux visant une efficacité accrue de la coopération européenne avec toutes les régions du monde. L'édition Zéro du bilan de ses activités vient d'être publiée, trop tôt pour porter la dénomination de rapport annuel, mais à temps pour que le Conseil Affaires générales de lundi, le Conseil Développement du 8 novembre et le Parlement européen puissent l'examiner dans le cadre du dialogue interinstitutionnel.
En présentant à la presse les résultats liminaires d'EuropeAid, Giorgio Bonacci, directeur général d'EuropeAid, a souligné que le rapport d'avancement 2001, « fruit de toute la famille Relex, représente la première tentative de mettre sous une même couverture tous les programmes de coopération», conformément à l'esprit de la réforme qui poursuit quatre objectifs: améliorer la qualité et l'adaptabilité des projets, réduire les délais, harmoniser et simplifier les procédures, augmenter l'impact et la visibilité de l'assistance de l'Union. Selon lui, des progrès ont été réalisés dans les principaux domaines visés par la réforme, mais leurs effets ne pourront être ressentis sur le terrain qu'après 2002, quand la programmation de 2001 aura été mise en œuvre dans les différents pays. «Il reste quand même pas mal à faire pour améliorer encore la qualité et réduire les délais entre la phase d'engagement et la phase de débours des fonds », même si la réforme « a mis fin au saucissonnage des responsabilités en matière de gestion financière » des projets, a-t-il souligné.
Voici les principaux progrès accomplis:
La programmation: elle est dorénavant plus stratégique (elle s'appuie sur les grandes priorités de l'Union et résulte de la concertation avec les pays récipiendaires et les autres donateurs) et prend en compte l'évaluation qui est à la fois plus systématique et mieux intégrée dans le cycle du projet. En Papouasie- Nouvelle-Guinée par exemple, les conclusions de l'évaluation ont conduit à une plus grande concentration de l'aide sur l'éducation, le renforcement institutionnel et le secteur forestier. L'Unité évaluation s'est concentrée sur les droits de l'homme, la gouvernance et la démocratie, la programmation pays par pays et la coopération économique. Des évaluations liées à la réduction de la pauvreté vont être engagées. Le suivi de l'efficacité et du caractère durable de projets sera étendu à l'ensemble des régions d'ici à 2003. La Commission a par ailleurs commencé à étudier la faisabilité d'indicateurs de performance visant à mesurer l'incidence globale de l'aide de la Communauté, mais se heurte à d'importantes difficultés méthodologiques.
L'adéquation plus grande entre les priorités de la politique et les ressources budgétaires: une dizaine de fiches reprenant, pour chaque pays bénéficiaire, l'assistance financière allouée par la Communauté, l'assistance bilatérale des Etats membres ainsi que leur contribution à l'assistance multilatérale seront prêtes pour la fin 2001 (s'ajoutant à la trentaine de fiches déjà établies en 2000). Pour la première fois, une synthèse a été préparée, pour chaque pays, des engagements en début d'année 2000, des nouveaux engagements contractés, des paiements effectués et du solde à liquider.
Fonctionnement d'EuropAid : tout le personnel d'encadrement est en place et le recrutement des 170 fonctionnaires devrait être achevé à la fin de l'année. Les bureaux d'assistance technique (BAT) continueront à travailler jusqu'à la fin de l'année. EuropeAid prendra ensuite le relais et recrutera d'ici là 250 personnes.
La déconcentration des compétences de gestion vers les délégations de la Commission: une vaste opération de recrutement est en cours pour permettre la déconcentration qui devrait se faire dans 22 délégations, à partir de janvier 2002 pour la plupart, sauf pour les délégations ACP en raison du retard pris par le Conseil dans la mobilisation des intérêts du Fed (Fonds européen de développement) qui doivent financer le recrutement du personnel externe.
Des mesures urgentes visant à éliminer les engagements anciens et dormants: pour réduire le décalage entre les sommes engagées et les paiements effectués, et rationaliser l'exécution budgétaire, EuropeAid s'est efforcé de répartir plus également les opérations sur l'ensemble de l'année. Les engagements au 31 septembre 2001 sont supérieurs de 980 millions d'euros à ceux effectués à la même date en 2000, mais les paiements ont également augmenté de 230 millions d'euros. A la fin 2001, l'écart devrait encore se réduire avec des engagements d'environ 3 700 millions et des paiements de 3 300 millions d'euros.
Les procédures contractuelles dans le cadre des appels d'offres ont été simplifiées et harmonisées (passées de 46 à 8 grâce à un guide pratique), et les lignes budgétaires, réduites de 64 à 55 en 2001, devraient passer à 46 en 2002.
Les engagements ont été tenus dans la réponse urgente apportée à des problèmes urgents survenus à la fin 2000 en Serbie (soutien au processus démocratique et acheminement de fuel), en Palestine (soutien budgétaire direct après le gel des recettes douanières et de TVA perçues par les autorités israéliennes pour le compte des Palestiniens), en Ukraine (pour financer la production d'électricité après la fermeture de Tchernobyl), en Colombie (appui au processus de paix), en Ouganda (soutien budgétaire direct pour l'éducation pour tous).