Bruxelles, 10/10/2001 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a estimé mercredi, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à la Commission européenne, qu'il faudrait "accélérer le processus de réorganisation des institutions européennes" et a espéré que le Sommet de Laeken "fera démarrer la Convention, qui aura un an de temps" pour y travailler, et que la réforme institutionnelle sera ensuite achevée sous présidence italienne, pendant le deuxième semestre de 2003. Ainsi, l'Europe pourra arriver aux élections de juin 2004 étant en mesure de "fonctionner", a-t-il affirmé. Le Président de la Commission Romano Prodi, lors de la même conférence de presse, a indiqué que "l'Italie est aux côtés" de la Commission afin de mener à bien ce projet de réforme institutionnelle ainsi que les autres grands projets que sont l'euro et l'élargissement. Le gouvernement italien donnera "la plus grande contribution" possible à ces projets, et j'ai confirmé la "continuité de la politique italienne" concernant l'Europe, "une Europe qui doit être un sujet politique fort", a assuré M. Berlusconi. A propos de l'euro, il a signalé la campagne d'information lancée en Italie pour "minimiser le trauma qui se produira dans chaque pays" avec l'introduction de la monnaie unique. Je suis très favorable à l'élargissement de l'UE, que je préfère appeler "reconstitution de l'Europe", a-t-il dit d'une part.
Interrogé sur les conséquences des attentats terroristes sur la politique économique des Etats membres de l'UE, M. Berlusconi s'est déclaré certain que "nous saurons prendre ensemble les bonnes mesures", en soulignant que "le pacte qui nous lie est un Pacte de stabilité et de croissance" . Je vois l'avenir avec sérénité, car il n'y aura plus de confrontation "entre le monde occidental et le monde communiste", et j'espère qu'"il n'y aura pas d'opposition entre l'Occident et le monde islamique", car ce serait "une catastrophe", a-t-il ajouté. Interrogé à trois reprises sur les propos sur la prétendue "supériorité" de la civilisation occidentale sur l'islam (reportés par les journalistes qui avaient suivi sa récente visite à Berlin), M. Berlusconi, qui avait d'abord protesté parce que, selon lui, on avait isolé "un mot" en dehors de son contexte, a nié les avoir prononcés. Posez la question aux "leaders des pays arabes modérés, qui sont mes amis", a-t-il répliqué à un journaliste. A un deuxième, il a lancé: "Je ne vous réponds pas (...), vous n'êtes pas informé". Et le troisième a été rabroué: " Vous devez vous référer à tous mes discours, et pas à des fables. Cela, ce sont des fables... Monsieur Andersen". Questionné aussi à ce sujet, Romano Prodi s'est limité à rappeler sa position et celle de "28 pays" (les pays de l'UE, et les pays candidats), qui est une position de "respect total de toutes les religions".