Bruxelles, 10/10/2001 (Agence Europe) - La Présidence belge a opté pour la prudence en décidant d'annuler la réunion du Conseil Pêche prévue le lundi 22 octobre, afin de laisser du temps au groupe de travail du Conseil pour continuer l'examen technique de la proposition controversée de la Commission européenne visant à proroger d'un an, jusqu'au 31 décembre 2002, le « programme d'orientation pluriannuel » (POP IV) destiné à limiter les capacités de pêche dans l'UE (voir EUROPE du 16 juin, p.11 et du 20 juin, p.6). Ce dossier était le principal point inscrit à l'ordre du jour de cette réunion. Les débats au sein du groupe de travail ont montré que la plupart des délégations acceptent le principe de prolonger le POP d'un an, mais que de nombreux pays, comme l'Espagne, le Portugal, la Grèce, l'Italie, la France et l'Irlande, désapprouvent la tentative opérée par la Commission de profiter de cette proposition de prorogation pour durcir certaines dispositions de l'instrument financier d'orientation de la pêche (Ifop), notamment celles qui régissent les conditions d'octroi des aides publiques à la construction et à la modernisation des navires ou encore celles prévoyant de supprimer la dérogation qui, pour des raisons de sécurité (mais aussi d'hygiène ou de conditions de travail), permet aux armateurs d'accroître le tonnage ou la puissance du moteur. Le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et l'Allemagne soutiennent la proposition de la Commission.
La Présidence belge a essayé à plusieurs reprises d'obtenir une majorité qualifiée au sein du groupe de travail chargé d'examiner cette proposition, mais ses tentatives ont échoué. Elle espère toutefois que le Conseil Pêche parviendra à un accord en novembre, pour ne pas que cette discussion soit mêlée aux discussions ministérielles sur la fixation des TAC prévues en décembre. La Commission et la Présidence travaillent en ce moment à la rédaction d'une proposition de compromis qui pourrait recueillir l'assentiment des experts du groupe de travail. En plus de la poursuite du débat sur l'avenir de la politique commune de pêche (PCP), le Conseil de novembre devra aussi examiner: - les différentes mesures d'urgence concernant le merlu et le cabillaud, qui posent aussi d'énormes problèmes à certaines délégations ; - le programme d'aide de 197 millions d'euros aux navires et aux équipages espagnols et portugais affectés par le non-renouvellement de l'accord de pêche avec le Maroc ; - la fixation des prix d'intervention en matière de pêche.