Bruxelles, 10/10/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté mercredi un rapport qui sera soumis au Sommet de Laeken et qui analyse les politiques d'inclusion sociale des gouvernements et montre que, en poursuivant les objectifs du Sommet de Lisbonne, la Commission oeuvre en faveur de la cohésion sociale en tant que telle, mais aussi en tant que facteur de compétitivité économique (voir EUROPE d'hier, p.11). Ce rapport sert de tremplin au renforcement des politiques et programmes dans l'UE à travers la coopération entre les Etats membres et, en particulier, l'échange de bonnes pratiques. Cette coopération sera encouragée par le nouveau programme sur l'exclusion sociale qui a été approuvé en septembre dernier par le Parlement et le Conseil et qui sera doté de 75 millions d'euros sur cinq ans (voir EUROPE du 20 septembre p.11).
Ce rapport: (1) s'appuie sur une analyse des plans d'action nationaux contre la pauvreté et l'exclusion sociale, qui ont été établis pour la première fois cette année et doivent être remis tous les deux ans; (2) confirme que la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale reste un enjeu majeur pour l'UE, où 18% de la population, soit 60 millions de personnes, sont menacées par la pauvreté (la moitié d'entre elles vivent dans une situation de pauvreté durable). Sont particulièrement exposés au risque de pauvreté les enfants, les jeunes, les chômeurs et les familles monoparentales. Le taux de pauvreté relative (la proportion d'individus vivant sous un seuil de 60% du revenu national moyen) varie considérablement d'un Etat membre à l'autre, de 8% au Danemark, 9% en Finlande, 12% en Suède et au Luxembourg à 22% au Royaume-Uni et en Grèce et 23% au Portugal; 3) identifie huit défis majeurs relevés à des degrés différents par les Etats membres: - développer un marché du travail favorable à l'inclusion; - garantir des revenus adéquats permettant un niveau de vie décent;- lutter contre le handicap éducatif; - préserver la solidarité familiale et protéger les droits de l'enfant; -donner un logement décent à tous; - garantir l'égalité d'accès à des services de qualité; - améliorer la diffusion des services; - régénérer les régions souffrant de désavantages multiples.
Commentant ce rapport, la Commissaire Anna Diamantopoulou a déclaré que l'exclusion sociale était, pour l'UE, un problème non seulement humain, mais aussi économique ("seule une Europe solidaire peut exploiter ses riches ressources en capital humain et les qualifications sous-employées actuellement") mais aussi de gouvernance ("l'UE est encore souvent considérée comme une union centrée sur les intérêts du grand capital plutôt que sur l'homme ou la femme de la rue").