Bruxelles, 25/07/2001 (Agence Europe) - Enrique Baron, président du groupe socialiste au Parlement européen, a, dans un article publié au cours des dernières semaines par le quotidien madrilène El Pais, exposé "dix thèses pour le débat" sur l'avenir de l'Europe, en mettant en particulier l'accent sur le "fédéralisme économique et budgétaire". M. Baron, qui note que le rejet irlandais du Traité de Nice est lié entre autres à "la sortie de l'Irlande des pays de la cohésion", estime que si on réduit "notre projet de destin commun à une discussion, chaque fois de plus en plus amère, sur les soldes nets (budgétaires), on mène l'aventure européenne vers le repli égoïste, le blocage ou, ce qui serait pire, la dissolution".
Dans ses dix thèses, M. Baron affirme en particulier que: - le débat sur l'avenir de l'Europe ne se limite pas à l'Union politique et à la réforme des institutions, mais commence au moment où l'euro va être dans les portefeuilles des gens, avec une BCE "modèle de fédéralisme pur", et il doit donc "s'élargir aussi au fédéralisme économique et budgétaire"; - pour établir un lien entre le financement de l'UE et le citoyen, il faudrait envisager un impôt européen. M.Baron constate: "Le président Prodi, qui avait appliqué avec succès un impôt européen en Italie pour entrer dans l'euro (lorsqu'il était premier ministre: NdlR), a lancé l'idée. Maintenant il peut la concrétiser", conformément au "monopole d'initiative" de la Commission européenne; - l'arrivée de l'euro exige un réexamen du budget de l'UE qui reflète "les nouveaux engagements et priorités", et, en particulier, la PAC devra tenir compte non seulement de la production, mais aussi des consommateurs; - la politique "structurelle et territoriale a besoin d'une actualisation". Selon M. Baron, le cas de l'Espagne est "un bon exemple, étant un cas reconnu de bonne utilisation, en général, des fonds" communautaires. Le problème, selon lui, n'est pas tellement de maintenir à l'avenir le flux de ces fonds, mais plutôt d'introduire les priorités de Lisbonne (et Stockholm), à savoir la formation de capital humain, la qualité de l'emploi, les nouvelles technologies, le développement soutenable...; - il faudrait envisager la création d'un Fonds de compensation "comparable à ceux qui existent en Allemagne ou en Espagne", en tant qu'"élément de solidarité".