Bruxelles, 19/07/2001 (Agence Europe) - La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mercredi qu'elle "envisageait sérieusement de faire appel de la décision de la Commission européenne" de lui infliger une amende de 39,375 millions d'euros pour avoir mis en oeuvre un accord secret avec sa partenaire danoise Maersk Air portant notamment sur la liaison Copenhague-Stockholm (voir EUROPE du 19 juillet, p.14). Maersk Air se contente pour sa part de "prendre acte" de la décision de l'Exécutif européen la concernant.
Si SAS reconnaît la décision de la Commission portant sur la violation des règles de concurrence de l'UE, elle conteste en revanche le montant de l'amende qu'elle juge "disproportionné". C'est pourquoi elle envisage de porter l'affaire devant le Tribunal de première instance. Dans un communiqué, Joergen Lindegaard, le président de la SAS, souligne que cette décision doit être perçue "comme un signal politique à toute l'industrie du secteur aérien et les pratiques du marché. (...) Nous pensons qu'il est décisif de faire appel de cette décision auprès d'une instance supérieure". Pour le président de SAS, l'accord n'a pas entraîné de préjudices pour les clients et les tarifs des liaisons concernées n'ont pas été plus élevés que pour d'autres routes desservies par la SAS et d'autres compagnies européennes "significatives". Les marchés danois et scandinave ont même obtenu, selon lui, une plus grande offre de liaisons que précédemment. "Il est un fait (...) que les lignes Copenhague-Stockholm et Billund-Francfort avaient connu de si grandes pertes pour Maersk Air et SAS qu'elles auraient été fermées, accord ou pas", a encore précisé M. Lindegaard. Si ce dernier observe que les violations des règles de la concurrence sont totalement inacceptables, il estime en revanche que "le plus grand obstacle à la libre concurrence dans l'industrie aérienne européenne a été jusqu'à présent le soutien étatique octroyé à cette industrie et qu'on n'a pas été capable d'empêcher".
Ole Dietz, président de Maersk Air, a, quant à lui, adopté un profil plus bas, déclarant que sa compagnie "regarde maintenant de l'avant, en entretenant un bon dialogue avec la Commission sur la poursuite de notre coopération avec SAS pour éviter les problèmes à l'avenir".