Bruxelles, 28/06/2001 (Agence Europe) - Les citoyens européens, qui auront des euros en poche à partir du 1er janvier 2002, commencent avec plus ou moins d'empressement à vider leurs tirelires de pièces nationales ou à dépenser leurs grosses coupures. Trois pays sont en avance dans ce processus de « déthésaurisation »: France, Allemagne et Pays-Bas.
Les Français ont commencé à vider leurs « lessiveuses » (terme consacré pour désigner les réserves en liquide que certains ménages accumulent envers et contre tout). Selon la Banque de France, ils auraient commencé à ouvrir leurs coffres-forts, en dépensant l'équivalent de 5,2 milliards d'euros (dont 2,7 milliards d'euros en billets de 500 francs), mais il leur reste toujours 18,3 milliards d'euros de billets toujours thésaurisés.
En Allemagne, quelque 100 000 tonnes de pièces dormiraient chez les particuliers, selon la Bundesbank, et l'initiative lancée par la Fédération allemande des banques (BDB) pour les récupérer n'a pas connu le succès escompté. Les autorités autrichiennes ont lancé fin mai une opération similaire, baptisée « Donne une chance au schilling », suspendue pour les vacances et qui reprendra à l'automne: la Banque nationale paraît peu inquiète et estime qu'elle va récupérer la moitié des 6,5 milliards de pièces émises depuis 1945. Même attitude en Espagne, où acheter un domicile ou faire des travaux avec de l'argent non déclaré au fisc est une pratique assez courante.
En Belgique, où un milliard de pièces se trouveraient dans les tirelires (soit un quart du total existant), une « Opération tirelire » sera organisée du 15 octobre au 15 novembre: des étuis transparents, appelés "clips", seront distribués dans les banques, les postes et les écoles et, une fois remplis, ils pourront être déposés aux guichets des banques et des postes qui créditeront, immédiatement et sans frais, les comptes de la contre-valeur des pièces. Les Finlandais seront sûrement les moins pressés de rendre leurs pièces et billets en markkas: à en croire un conseiller du ministère des Finances, la Banque nationale leur donne jusqu'à dix ans pour les échanger.