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Bulletin Quotidien Europe N° 7995
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/elargissement

Après les progrès obtenus sous présidence suédoise, M.Verheugen considère que les perspectives de conclure les négociations dans le "cadre temporel" fixé à Göteborg sont "meilleures que jamais"

Bruxelles, 28/06/2001 (Agence Europe) - Le Conseil européen de Göteborg a indiqué un "cadre temporel" pour le processus d'élargissement (conclusions des négociations, pour les pays qui sont prêts, à la fin de 2002, et participation des nouveaux Etats membres aux élections européennes de juin 2004), et les perspectives de conclure ces négociations dans ces délais "sont meilleures que jamais auparavant ", a affirmé le Commissaire européen à l'élargissement Günter Verheugen en faisant jeudi devant la presse un état de lieux du processus d'élargissement. La "perspective temporelle" envisagée par la Commission "s'est avérée réaliste", a souligné M.Verheugen, en remarquant que la Présidence suédoise a géré l'ordre du jour des négociations de manière "excellente et a dirigé ces négociations de manière "déterminée". A présent, les négociations se poursuivront à rythme "serré", a-t-il indiqué, en notant que dix pays candidats "entendent utiliser ce cadre temporel", alors que la Bulgarie et la Roumanie sont "un peu derrière ". Mais "je ne veux décourager aucun candidat" d'essayer d'achever les négociations d'ici à la fin de 2002, a-t-il aussitôt ajouté, en répétant: aucun pays candidat n'a la garantie qu'il pourra conclure dans les délais envisagés à Göteborg, mais aucun candidat n'est exclu de ce cadre temporel.

Nous réussirons dans cette entreprise seulement si nous obtenons l'appui politique de nos opinions publiques, a averti M.Verheugen, en estimant que, pour recueillir ce soutien auprès des populations des pays candidats, l'Union européenne devra faire preuve de "flexibilité", afin de tenir compte de leurs "préoccupations" et, en particulier, des coûts sociaux et aussi des "charges financières" qu'entraînera pour eux l'adaptation à l'acquis communautaire. Cette flexibilité est "incontournable", a-t-il martelé, en notant en passant que les coûts de la reprise de l'acquis en matière d'environnement seront "énormes". Pour cette raison, a-t-il dit, des périodes de transition "pour une courte durée" seront bien plus faciles à gérer que les conséquences d'une situation dans laquelle, au bout du chemin, l'adhésion des populations viendrait à manquer. M.Verheugen a cité, parmi les domaines où d'importants coûts sociaux sont à attendre en conséquence de l'élargissement, l'énergie, les transports, la fiscalité (l'adoption de nos taux minima de TVA par les nouveaux membres entraînera de "nettes augmentations des prix", a-t-il remarqué), la pêche.

Quant aux soucis des Etats membres actuels, M.Verheugen a incité à les "prendre au sérieux" et à ne pas les voir uniquement comme l'expression d'"égoïsmes nationaux". Les réponses à ces soucis existent, a-t-il rappelé, en citant le récent exemple des solutions trouvées en ce qui concerne le problème délicat de la libre circulation des personnes. Aux Etats membres actuels, nous devons dire en particulier que l'élargissement entraînera un marché plus vaste comportant un grand potentiel de croissance non seulement pour les futurs membres, mais aussi pour eux, et que la reprise de nos règles dans des domaines comme la lutte contre la criminalité par les nouveaux membres sera une grande contribution à la sécurité du continent dans son ensemble, a estimé M.Verheugen. En répondant à une question sur cet indispensable appui politique, M.Verheugen a estimé qu'il est acquis, "en tout cas" du côté des décideurs politiques, alors qu'il demeure "inquiet" quant à la réaction de la société dans son ensemble. Je pense que nous serons en mesure de présenter des résultats de ces négociations qui tiendront compte des "craintes justifiées" de nos populations, a-t-il lancé, tout en reconnaissant qu'aujourd'hui, comme le prouve l'exemple du "non" irlandais au Traité de Nice, il faut "se battre" davantage qu'autrefois pour convaincre les populations, et qu'il faut "mieux expliquer" .

Dans son bref bilan de ce semestre, M.Verheugen a salué en particulier le fait qu'on a pu éviter tout "lien" entre différents dossiers (allusion à la solution trouvée aux problèmes du lien qu'Espagne et France voulaient établir entre le dossier de la libre circulation des personnes et, respectivement, les fonds structurels et la politique agricole commune. Sous présidence suédoise, nous avons réussi une "percée décisive", a-t-il souligné en citant en particulier le fait que: - 66 chapitres ont été provisoirement clos et certains des Etats candidats ont clos provisoirement les 2/3 des chapitres ; - 5 pays ont pu clôturer les négociations sur la libre circulation des personnes ( Hongrie, Slovaquie, Lettonie, Chypre et Malte), 8 celles sur la libre circulation des capitaux (Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Slovénie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Chypre) et 5 sur l'environnement: Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Lituanie et Estonie); - 3 pays candidats supplémentaires ont ouvert tous les chapitres (Slovaquie, Lituanie, Lettonie).

M. Verheugen attend un rattrapage de la Pologne "déjà dans quelques semaines" et des résultats
sur la PAC sous présidence espagnole

Parmi les domaines dans lesquels de "considérables efforts "seront nécessaires à l'avenir, M.Verheugen a cité la politique de la concurrence (en particulier, les aides d'Etat) et la Justice et les affaires intérieures, y compris la reprise de l'acquis de Schengen. Nous ne devons pas oublier, s'est exclamé le Commissaire, qu'avec cet élargissement les frontières extérieures de l'UE changeront, et "la frontière orientale de la Pologne sera aussi la frontière orientale de la France ".

Interrogé sur les négociations avec la Pologne, au sujet desquelles le Représentant permanent suédois Gunnar Lund avait admis qu'elles ont pris du retard par rapport à d'autres pays, M.Verheugen a souligné (ce qu'avait fait, d'ailleurs, aussi l'ambassadeur Lund) que ce retard est seulement en termes de chapitres clôturés. Et il a ajouté: "Il faut prendre en considération aussi l'état de préparation des dossiers qui ne sont pas encore clos. Je m'attends à voir des résultats de rattrapage dans quelques semaines, et certainement après les élections polonaises" (prévues en septembre). Selon lui, il n'y a donc pas de raison que la Pologne ne soit parmi les pays pouvant et voulant conclure les négociations dans les délais envisagés à Göteborg.

A un journaliste qui estimait que les négociations avec les candidats concernant la PAC ne pourront pas être conclues avant les élections françaises et allemandes de l'année prochaine (ce qui ne laisserait qu'environ "trois mois pour boucler" les négociations avant la fin de 2002), M.Verheugen a répliqué: les échéances électorales de l'UE n'influencent pas nos négociations, et la Commission européenne présentera un projet de position commune sur la PAC en temps utile pour espérer un accord sous présidence espagnole, pendant le premier semestre de 2002.

Enfin, M.Verheugen a répondu à des questions sur: - l'abolition de l'obligation de visa pour la Roumanie: les résultats de notre monitorage sont "étonnamment positifs", s'est-il borné à dire (en fonction de ces résultats, portant notamment sur les minorités, cette obligation pourrait être levée à la fin de ce mois de juin); - la loi sur les minorités en Hongrie: la Commission n'a pas encore achevé son analyse juridique et politique de cette loi, mais n'a certainement pas relevé, à première vue, des "violations" de l'Accord européen, a indiqué M.Verheugen, en ajoutant que la Commission encourageait la Hongrie à développer les contacts bilatéraux avec les pays concernés (Slovaquie et Roumanie).

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