Bruxelles, 28/06/2001 (Agence Europe) - La Conférence des donateurs pour la République fédérale de Yougoslavie (RFY) organisée et co-présidée par la Commission européenne et la Banque mondiale s'ouvre ce vendredi à Bruxelles. Permise par les efforts et réformes accomplis en quelques mois par Belgrade, elle a pour objectif de définir les priorités et les étapes de la reconstruction de la RFY. Les participants s'attacheront à l'examen des progrès économiques et des réformes à accomplir, détermineront ensuite les priorités en matière d'investissement et procéderont en fin de journée à une séance de promesses. Les travaux seront basés sur le "Economic Recovery and Transition Programme (ERTP) for the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro)" élaboré par la Banque mondiale, en coopération avec la Commission et le gouvernement yougoslave. L'ERTP propose un agenda de réformes structurelles, notamment sectorielles, indique les investissements publics prioritaires et identifie les besoins budgétaires du pays pour 2001. Ce programme est repris dans un document intitulé "Federal Republic of Yougoslavia. Breaking with the Past: The Path to Stability and Growth" qui peut être consulté sur Internet (http://www.seerecon.org ).
Les fonds nécessaires à la reconstruction de la RFY sont évalués par les organisateurs de la conférence à quelque 3,9 milliards de dollars sur une période de trois ou quatre ans. Dans l'immédiat, c'est-à-dire pour l'année 2001, la Banque mondiale et la Commission espèrent que l'ensemble des donateurs s'engageront à hauteur de 1,25 milliard de dollars, montant nécessaire pour: - investir dans les infrastructures de base (santé, routes, télécommunications, réseau électrique, etc.); - financer des dépenses courantes (paiement des salaires des enseignants, des médecins, alimentation du budget du pays); - financer le soutien technique, notamment l'envoi d'experts, qu'apportera l'UE à la demande du gouvernement de la RFY.
L'Union européenne devrait s'engager pour un montant avoisinant les 240 millions d'euros. Parallèlement à cette aide à la reconstruction, une assistance macro-économique de quelque 200 millions d'euros (en prêts et en dons) est prévue. A cette contribution de l'UE s'ajouteront les aides des Etats membres. L'aide accordée par les donateurs sera subordonnée au respect d'une série de conditions tant économiques (poursuite des réformes structurelles, etc.) que politiques (respect des minorités et des droits de l'homme par la RFY, démocratisation, instauration d'une économie de marché, etc.). La grande inconnue, à la veille de la conférence, reste l'attitude qu'adopteront les Etats-Unis, lesquels pourraient refuser tout engagement si Slobodan Milosevic n'est pas livré au Tribunal pénal international (TPI). L'amorce de la procédure de transfert à La Haye de l'ex-président annoncée par la RFY risque en effet de ne pas satisfaire entièrement Washington qui, dans ces conditions, portera la responsabilité du succès ou de l'échec de la conférence.
Les députés européens insistent sur la coopération avec le TPI
En adoptant un amendement du démocrate-chrétien néerlandais Arie Oostlander au rapport Brok sur l'assistance macrofinancière à Belgrade (d'un total de 300 millions d'euros) qui sera approuvé jeudi prochain en plénière à Strasbourg, la commission des affaires étrangères du PE a posé comme condition une authentique coopération de la RFY avec le Tribunal pénal international de La Haye. "Avec les Etats-Unis, le Parlement envoie ainsi un important signal" à la Conférence des donateurs, souligne M.Oostlander dans un communiqué.