Bruxelles, 01/06/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a ouvert une deuxième phase d'enquête au sujet de l'offre déposée par la société allemande Energie Baden-Württemberg (EnBW) pour prendre le contrôle d'Hidrocantábrico, conjointement avec le groupe Villar Mir, estimant qu'il existait des doutes sérieux de position dominante sur le marché espagnol de l'électricité. La décision de la Commission n'est pas étrangère au fait qu'EnBW est actuellement détenu à 34% par EDF (Electricité de France) qui en assure le contrôle conjoint avec OEW, ce qui donnerait automatiquement plus de pouvoir au groupe français sur le marché espagnol de production de l'électricité. La Commission craint que si EDF parvenait à acquérir une présence importante sur le marché espagnol, elle pourrait ne plus avoir aucun intérêt à augmenter la capacité d'inteconnexion entre la France et l'Espagne, capacité déjà limitée, isolant le marché espagnol et constituant, de ce fait, un obstacle potentiel aux importations en provenance d'autres pays européens. EDF est à l'heure actuelle le principal concurrent étranger sur le marché espagnol et est, en outre, propriétaire du réseau français et des liaisons d'interconnexion avec la France. Toutes les importations d'électricité vers l'Espagne (à l'exception de celles provenant du Portugal) doivent ainsi passer par le réseau français et les liaisons d'interconnexions françaises. Le Commissaire Monti a rappelé à cette occasion que ses services enquêtaient parallèlement pour savoir si EDF aurait exercé des discriminations envers des tiers en ce qui concerne l'accès aux câbles d'interconnexions France/Espagne. Dans l'attente d'une décision de la Commission, l'Espagne a pris les devants avec l'adoption d'une disposition limitant les droits de vote des actionnaires majoritaires dans ses entreprises, disposition visant EDF. Cette disposition ainsi que le décret-loi récemment adopté par les autorités italiennes, visant à repousser le risque d'un contrôle d'EDF sur l'entreprise électrique Montedison, font l'objet d'une procédure d'examen distincte de la part la DG Marché Intérieur de la Commission, afin de déterminer si ces dispositions respectent les règles européennes de libre circulation des capitaux et de droit d'établissement (voir EUROPE du 1er juin, p.15 et des 28 & 29 mai, p.9).