Bruxelles, 01/06/2001 (Agence Europe) - Les Etats membres de l'UE ont soumis vendredi aux pays candidats à l'adhésion les plus avancés leurs positions communes de négociation sur deux chapitres qui comptent parmi les plus délicats à négocier: la libre circulation des personnes (où l'UE demande des périodes transitoires pouvant aller jusqu'à sept ans pour limiter la liberté de mouvement des travailleurs des futurs nouveaux pays membres de l'Est) et la libre circulation des capitaux (où la plupart des candidats demandent le droit de restreindre temporairement le droit des Européens non-résidents d'acheter des terres agricoles et des résidences secondaires).
A l'issue des réunions de négociation qui se sont déroulées vendredi, au niveau des suppléants ("deputy-level"), avec Hongrie, Pologne, République tchèque, Estonie, Slovénie et Malte, les négociateurs en chef de pratiquement tous les pays candidats se sont, en général, exprimés de manière relativement positive à l'égard des positions de l'UE sur ces deux questions. Ainsi, ils ont tous réitéré leur position de base (selon laquelle il n'y a pas de raison économique ou sociale d'établir des périodes transitoires pour les travailleurs), mais tous ont aussi estimé que la position commune des Quinze constitue une "base de discussion" qui, grâce à "certains signes de flexibilité", permettra d'entamer de véritables négociations. "La position de l'UE aurait pu être pire", a dit par exemple le négociateur polonais Jan Kulakowski, tout en soulignant que son pays devait encore l'analyser et examiner en profondeur avant de réagir ou de faire des contre-propositions. Les autres négociateurs se sont exprimés plus ou moins dans le même sens. Seul Endre Juhasz, le négociateur hongrois, est allé plus loin en faisant une contre-proposition substantielle. La Hongrie, a-t-il expliqué devant la presse, pourrait accepter la position de l'UE sur les travailleurs à condition que: - tous les Etats membres précisent (sous la forme d'une déclaration politique individuelle ou commune) quel sera exactement le "régime national" qu'ils envisagent d'appliquer après l'adhésion à l'égard des travailleurs hongrois; - l'Allemagne et l'Autriche (les deux pays qui ont demandé des périodes transitoires de sept ans) s'engagent à améliorer "substantiellement" leurs régimes nationaux (accords bilatéraux) actuellement en vigueur à l'égard des travailleurs hongrois. Par ailleurs, la Hongrie serait autorisée, elle-aussi, à appliquer un "régime national" à l'égard des travailleurs communautaires désireux d'entrer en Hongrie, au lieu de faire jouer automatiquement la libre circulation des travailleurs. Si ces conditions sont remplies, la Hongrie serait prête à conclure les négociations sur le chapitre "libre circulation des personnes" le plus rapidement possible, voire même déjà lors de la prochaine réunion ministérielle, les 11/12 juin, a dit M.Juhasz, qui a aussi fait des propositions précises qui permettraient de boucler la libre circulation des capitaux lors de la réunion ministérielle de mi-juin.
Voici une vue d'ensemble sur les résultats des négociations de vendredi:
La République tchèque a achevé les négociations sur trois chapitres supplémentaires: libre circulation des capitaux, environnement, politique sociale. Au total, le pays a désormais clos les pourparlers sur 18 des 31 chapitres;
la Hongrie a pu terminer les négociations sur deux chapitres: environnement, union douanière. Ainsi, 19 chapitres sont clos;
la Slovénie a bouclé deux chapitres - relations extérieures, politique culturelle/audiovisuelle - ce qui fait monter le nombre total de chapitre clos à 20;
la Pologne a achevé les négociations sur un chapitre - politique sociale - et a aussi clos 16 chapitres;
l'Estonie a clos un chapitre - environnement - et les chapitres clos sont 19;
Malte a achevé trois chapitres - libre prestation des services, libre circulation des marchandises, énergie- et les chapitres clos sont 16.