Bruxelles, 18/05/2001 (Agence Europe) - Le ministre canadien du Commerce international Pierre Pettigrew est "très optimiste" quant à la possibilité de lancer un nouveau cycle de négociations multilatérales dès l'automne prochain à Doha. Les résultats du récent Sommet des Amériques et de la ministérielle de l'OCDE, qui s'est tenue cette semaine à Paris, témoignent d'un vaste engagement à poursuivre la libéralisation, a-t-il indiqué en substance, ce vendredi, lors d'une conférence de presse organisée par le European Policy Centre (EPC), juste avant de rencontrer le Commissaire européen Pascal Lamy. M.Pettigrew a estimé pouvoir à cette occasion "rassurer" Pascal Lamy dans sa crainte qu'un grand marché panaméricain tombe sous la coupe des Etats-Unis au détriment des liens entre l'Union et le Sud du continent américain (voir plus loin).
M.Pettigrew s'est dit conforté dans son optimisme par les événements de ces derniers mois, en particulier: (1) l'engagement de tous les pays d'Amérique, y compris "certaines des économies les plus fragiles de la planète", vis-à-vis de la libéralisation à l'échelle du continent et l'adoption d'un calendrier précis et détaillé à cet effet, car "lorsqu'on est prêt à faire un désarmement économique pour nos voisins, ce qui est moins évident que de le faire pour des pays à 3000 kilomètres de chez nous, il y a moyen de réussir au niveau multilatéral"; (2) la volonté exprimée par l'OCDE et les pays non membres qui ont participé à la ministérielle de cette semaine (Afrique du Sud, Mali, Brésil, Singapour, Roumanie) de faire tous les efforts pour aboutir au lancement d'un round au Qatar, dans "un climat plus ouvert, plus positif" qu'auparavant. M. Pettigrew a souligné aussi le fait que son nouvel homologue japonais semble "plus engagé" que son prédécesseur. Néanmoins, a-t-il averti, il faut auparavant régler la question de l'agenda - dont l'Union veut qu'il soit vaste et les Etats-Unis "plus petit". "Il est impossible de tout faire dans chaque cycle", a-t-il dit, en annonçant qu'une "grande déclaration" conjointe fixant le cap sur Doha verra sans doute le jour à l'occasion du prochain Sommet euro-canadien, ainsi qu'à l'occasion du Sommet euro-américain, à la mi-juin.
Quant à l'appel de Pascal Lamy à la "vigilance" sur la Zone de libre-échange des Amériques, M.Pettigrew entendait rappeler au Commissaire que "c'est nous qui voulons engager les Etats-Unis dans cette démarche parce que c'est une façon de faire autrement qu'"au plus fort la poche" (la loi du plus fort: NDLR)", plus facilement jouable dans un face à face bilatéral que dans un cadre régional. M.Lamy s'était inquiété, dans un entretien à La Tribune en début de semaine, que "la ZLEA, si elle se réalise, crée des effets de leadership au profit de Washington, des effets de portefeuille". La zone panaméricaine offre, selon lui, l'opportunité aux Etats-Unis "d'étendre leur système réglementaire à l'ensemble du continent américain, ce qui poserait à terme un sérieux problème à l'Union européenne". "L'essentiel ne concerne pas tant la libéralisation commerciale mais l'ensemble des règles, de standards et normes qui accompagnent aujourd'hui la mise en place d'un accord de libre-échange régional". Et de rappeler que l'Union est en négociation avec le Chili et le Mercosur depuis plus d'un an en vue de conclure des associations, "qui nous offrent les mêmes opportunités".