Strasbourg, 18/05/2001 (Agence Europe) - En adoptant pendant ses débats d'actualité de jeudi après-midi une résolution sur les droits de l'homme au Cameroun, le Parlement européen a demandé l'ouverture par l'UE de consultations avec ce pays au titre de l'article 96 de l'Accord de Cotonou qui lie les Etats ACP à l'Union européenne, afin de faire la lumière sur la situation qui prévaut dans ce pays (rappelons que l'étape suivant le recours à l'article 96 peut être la suspension de l'aide de l'Union, sauf celle destinée directement aux populations). Le Parlement dénonce en effet la pratique systématique de la torture et les nombreux cas de disparitions et d'exécutions extrajudiciaires révélés par plusieurs organisations indépendantes de défense des droits de l'homme et dont serait responsable le Commandement opérationnel créé en février 2000 pour combattre le grand banditisme dans la province du Littoral (les fosses communes découvertes en 2000 seraient liées aux actions de ce Commandement, note la résolution du PE). Dans ces conditions, le PE demande la création d'une commission d'enquête indépendante et l'organisation de procès permettant de faire la clarté sur ces affaires, et invite la Commission et le Conseil à assister à ces procès en tant qu'observateurs, et d'apporter une assistance technique aux magistrats, notamment en ce qui concerne la protection des témoins. L'UE suit de près la situation sur la place, a assuré le Commissaire Günter Verheugen, pour qui un recours à l'article 96 de l'Accord de Cotonou « n'est pas justifié ».