Bruxelles, 01/03/2001 (Agence Europe) - Le président de la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen, l'élu des Democratici di sinistra Giorgio Napolitano, a expliqué son adhésion au projet de manifeste sur le « nouveau fédéralisme » lancé par une cinquantaine de députés européens en affirmant que, au moment où l'Union européenne va « changer profondément ses dimensions et ses caractéristiques par rapport à la Communauté des origines », il faut empêcher que le débat au sein du Parti des Socialistes Européens soit « réticent, évasif, diplomatisé »(au sujet du projet de manifeste, voir EUROPE du 28 février, p.6, ainsi qu'EUROPE/Documents annexé au bulletin d'aujourd'hui). « C'est sur les questions fondamentales du fédéralisme tel qu'il est à nouveau proposé aujourd'hui, des institutions supranationales à réformer et à renforcer, du processus de constitutionnalisation désormais mûr qu'un approfondissement, un éclaircissement, un choix deviennent indispensables », dit M. Napolitano aux initiateurs du projet de manifeste. Et il ajoute que son adhésion est celle d'"un démocrate italien de gauche, qui s'est formé comme pro-européen déjà dans les rangs du parti communiste italien, et en se référant à l'enseignement et à l'exemple d'Altiero Spinelli". Historiquement, nous savons quel a été le rôle des personnalités démocrates-chrétiennes françaises, italiennes et allemandes dans la première phase de la construction européenne, mais il ne faut pas oublier que le socialiste Paul-Henri Spaak fut aussi l'un des « pères fondateurs » de l'Europe communautaire, rappelle M. Napolitano.
Les élus européens des Democratici di sinistra ont joué en fait un rôle clé - comme les socialistes français - dans le processus qui a abouti à la présentation du projet de manifeste cette semaine à Bruxelles, et qui avait commencé par de premières discussions libres et informelles dès juillet de l'année dernière. La réunion du Bureau du groupe socialiste, au début de l'année à Verviers à l'invitation du socialiste belge Claude Desama, a été une étape importante du processus, et le projet de manifeste est maintenant ouvert à la signature de tous les membres du groupe. Ses initiateurs entendent être présents avec ce projet au congrès du Parti des Socialistes Européens début mai à Berlin (sans proposer pour autant au congrès de l'entériner), et leur texte sera aussi une contribution au large débat public qui s'ouvre dès la semaine prochaine sur l'avenir de l'Europe.
Comme l'ont remarqué devant quelques journalistes les élus des Democratici di sinistra Pasqualina Napoletano, Fiorella Ghilardotti et Bruno Trentin (et comme l'a remarqué aussi le social-démocrate allemand Klaus Hänsch), cette initiative d'approfondissement de l'intégration européenne est le fruit d'une démarche originale, car elle ne vient pas d'une seule personnalité (comme, par exemple, le discours de Joschka Fischer du printemps dernier à Berlin), mais a mobilisé, pour la première fois, des responsables politiques européens venant de presque tous les pays de l'Union européenne (à ce stade, douze sur quinze).