Bruxelles, 21/12/2000 (Agence Europe) - Le commissaire européen à la politique de développement, Poul Nielson, et le secrétaire général du comité de liaison des organisations non gouvernementales de développement auprès de l'Union (CLONG), James Mackie, se sont rencontrés mercredi à Bruxelles pour s'entretenir du projet de rapport d'audit final sur la gestion du CLONG, rendu par un cabinet de consultants (voir EUROPE du 20 décembre, p.15). Ce rapport sera transmis au CLONG qui aura trente jours pour réagir.
Au cours de cet entretien, Poul Nielson a répété que les critiques formulées portaient uniquement sur des questions financières et techniques. Il existe des règlements de procédure et de bonne gestion financière qu'il convient de respecter, a-t-il souligné, en rappelant que la Commission entretient d'excellentes relations avec de nombreuses ONG dont elle apprécie et respecte le rôle et le travail. Selon lui, le CLONG bénéficie du même traitement que tout autre contractant de la Commission. Le commissaire a assuré à James Mackie que le dialogue se poursuivrait entre la Commission et le CLONG dès que celui-ci aura réagi au rapport.
A la veille de cette rencontre, le Comité de liaison des ONG de développement avait organisé une conférence de presse pour dénoncer "le processus d'audit défectueux", qui "traîne" depuis mi-1999, rejeter "les larmes de crocodile de la Commission" et avertir que "le commissaire Nielson met en péril le réseau européen des ONG de développement". Joachim Lindau, président du comité de liaison, a brandi le risque de la disparition de celui-ci, qui "devrait mettre la clef sous la porte au bout de quelques mois si la Commission met à exécution sa menace de suspendre les paiements". Le Comité assure que "tous les fonds de la Communauté traités durant ces cinq dernières années et qui ont été examinés par l'audit (s'élevant à quelque 10 millions d'euros) ont été correctement dépensés dans le but qui leur avait été attribué et en fonction des règles de la Commission en vigueur à cette époque. La Commission n'est donc pas fondée à les réclamer". Le comité accuse la Commission de changer les règles du jeu, et dénonce l'attitude du commissaire, accusé de dénigrer systématiquement les ONG.
La Commission critique de son côté "beaucoup de demi-vérités et un peu de mauvaise foi" dans les déclarations des ONG. "Il s'agit d'un audit indépendant", rappelle la Commission, à propos du rapport contesté, et il assure ne pas avoir changé les règles du jeu en cours de route" . Pour le commissaire Nielson, ce n'est pas une attaque contre les ONG; mais le Comité de liaison, "comme tout autre bénéficiaire d'aides européennes, doit appliquer les principes de bonne gestion financière".
Le problème semble lié en grande partie aux subventions versées par le Comité de liaison aux plates-formes nationales. Les absences de justifications de paiement porteraient surtout sur les fonds destinés aux plates-formes qui regroupent les ONG dans chaque Etat membre, soit environ 800.000 euros sur un total, paraît-il, d'un million de frais non justifiés. Le budget du Comité de liaison est d'environ 2 millions d'euros par an, financés à 85% par la Commission européenne. La Commission "soupçonne que les 15% restants, financés par les plates-formes nationales, le sont indirectement par la Commission; l'argent versé par le comité de liaison aux comité nationaux serait en partie retourné au comité de liaison". Pour l'avenir, la Commission souhaite clairement un cofinancement plus équilibré entre elle et les plates-formes nationales, "même si ça ne se fera pas du jour au lendemain"
Le Comité de liaison rassemble quelque 900 ONG regroupées dans 15 plates-formes nationales, une par Etat membre. Il a un rôle de lobby, d'aide et de coordination.