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Bulletin Quotidien Europe N° 7869
JOURNEE POLITIQUE / (eu) turquie

Premières réactions après l'assaut des prisons turques

Bruxelles, 21/12/2000 (Agence Europe) - L'intervention musclée des forces de l'ordre turques (qui a fait une vingtaine de morts) dans les prisons qui ont été littéralement prises d'assaut mardi et mercredi, pour mettre un terme à la grève de la faim entreprise par des détenus afin d'obtenir l'annulation des transferts programmés par le gouvernement vers de nouveaux établissements pénitentiaires, a suscité diverses réactions.

Le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Lord Russell-Johnston, a fait la déclaration suivante: "Je regrette la perte de vies humaines et en appelle à la retenue et à la modération. Je comprends que l'objectif de la réforme des prisons, qui a provoqué ces grèves de la faim, est d'améliorer les conditions de vie et de sécurité dans le système pénitentiaire en Turquie. Je voudrais cependant insister sur le fait que la réforme et sa mise en oeuvre doivent répondre aux normes du Conseil de l'Europe en la matière. Il en va de même bien sûr pour l'intervention des forces de sécurité. Je soutiens l'initiative des autorités turques d'impliquer le Comité européen pour la Prévention de la Torture (CPT) dans les efforts pour mettre un terme aux mouvements de grève de la faim". Les autorités turques avaient accueilli, le 10 décembre, une délégation du Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l'Europe, qui avait participé à une tentative de médiation avec les détenus grévistes menée par la commission d'enquête de la Grande Assemblée nationale de Turquie. La délégation avait décidé de partir le 15 décembre, ayant constaté qu'elle n'était pas en mesure d'identifier les moyens de mettre fin à la grève de la faim.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a lancé un appel à l'arrêt immédiat des violences et a déploré "l'incapacité des autorités turques d'assurer une sécurité minimale dans les prisons, autrement que par le recours aux armes".

Plus de 200 prisonniers avaient entamé une grève de la faim depuis deux mois pour protester contre le transfert de détenus des prisons vétustes et surpeuplées vers de nouveaux centres de détention. Les prisonniers refusent le remplacement des prisons à dortoirs de 60 personnes par des établissements à cellules de 2 à 3 personnes: outre leur attachement à la vie collective, ils évoquent un risque accru de mauvais traitements.

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