Bruxelles, 29/11/2000 (Agence Europe) - Les représentants de l'Union et de 20 pays d'Amérique latine sont réunis ce mercredi jusqu'à vendredi, à Santiago (Chili), pour discuter des "nouveaux sujets" émergeant au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en particulier l'investissement, la concurrence, l'environnement et la facilitation des échanges. Ce symposium, organisé par la Commission européenne en collaboration avec les autorités chiliennes, fait partie d'une nouvelle initiative européenne visant à développer un consensus autour d'un agenda pour le cycle du Millénaire qui inclue ces quatre domaines dans le champ des négociations. Il s'agit de la toute première session d'un exercice de clarification et de conviction qui devrait se répéter dans diverses régions du monde - où les aspirations européennes suscitent encore des malentendus et soupçons de "néo-protectionnisme"- à commencer par l'Afrique du Sud en février prochain et éventuellement l'Asie par la suite.
Le dialogue nouvelle formule qui s'ouvre avec ces pays sera l'occasion d'un échange de vues assez large impliquant les autorités gouvernementales, les milieux d'affaires et les représentants d'organisations internationales, à propos des quatre nouvelles thématiques mises en avant par l'Union, dans l'espoir de développer des points de convergence et peut-être un assouplissement des positions des participants. "Notre but est d'améliorer la compréhension et, bien évidemment, le soutien en faveur de nos objectifs sur différents aspects de l'éventuel nouveau round. Nous recherchons le juste niveau d'ambition et une approche des négociations qui soit acceptable pour tous, en particulier pour les pays en développement qui disposent de ressources limitées", a souligné le commissaire Pascal Lamy. Après la conférence ministérielle de Seattle, où les arguments européens ont été copieusement questionnés par des pays qui n'avaient vraisemblablement pas été en mesure de le faire plus tôt dans le cadre du processus préparatoire de Genève, le responsable de la politique commerciale commune a en effet acquis la conviction qu'"il faut déplacer ce débat dans les pays en développement pour que leurs gouvernements puissent y participer pleinement". "Nous souhaitons poursuivre les travaux réalisés depuis lors pour jeter un pont vers ces régions", explique-t-on à la Commission, en référence au périple qui a déjà conduit M.Lamy dans nombre de capitales du tiers monde.
Le message communautaire serait-il encore mal perçu, malgré tous les efforts déployés par le responsable de la politique commerciale de l'Union et ceux de certains Etats membres? Un peu moins en Amérique latine qu'ailleurs, estime-t-on à Bruxelles, en évoquant une "proximité de l'Amérique latine" à propos de la concurrence, de l'investissement et de la facilitation des échanges, et une position particulièrement ouverte du Chili sur l'inclusion de l'environnement dans les considérations générales de l'OMC. La plupart de ces pays considèrent cependant "utile" plus que "prioritaire" la couverture de ces thématiques et se demandent encore, à l'instar du Brésil, "comment garantir qu'un tel agenda ne conduira pas à un néo-protectionnisme, notamment dans le commerce agricole", et à une perte de contrôle sur les mouvements de capitaux. "Beaucoup ne comprennent pas comment on peut traiter de tout ça dans le cadre de l'OMC et posent des questions plutôt techniques, parfois même très techniques", souligne-t-on encore. Le symposium pourrait, selon les organisateurs, contribuer à dissiper les malentendus qui subsistent et à mettre en lumière les bénéfices que peuvent espérer les pays en développement d'un cycle élargi, notamment en termes de prévisibilité et de flexibilité des règles multilatérales sur l'investissement, de prise en compte de leurs intérêts et besoins particuliers en matière de concurrence, d'équilibre dans la relation entre commerce et environnement, ainsi que de facilitation des échanges.