Bruxelles, 29/11/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté ce mercredi son Livre Vert sur la sécurité des approvisionnements en énergie dans l'Union européenne, qui sera présenté le 5 décembre au Conseil Energie et au Parlement européen. Mettant en avant la consommation croissante d'énergie et la dépendance de l'UE à l'égard des importations de pétrole et de gaz, ce document de réflexion a pour but de lancer le débat sur les enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux de l'approvisionnement européen en énergie (voir EUROPE d'hier p. 9).
"Par ce document, nous ne prenons pas partie pour une option ou une autre. Notre objectif est de lancer le débat, présenter le cadre, les problèmes et les solutions éventuelles. Nous ouvrons une fenêtre, nous ne prétendons pas apporter des solutions", a souligné la vice-présidente de la Commission Mme Loyola de Palacio, en présentant le document à la presse. Le problème, a-t-elle poursuivi, est que l'Union européenne est actuellement "un Gulliver enchaîné: un géant économique entravé dans son développement économique par les importations d'énergie dont elle dépend". L'UE importe actuellement à 50% de son approvisionnement en énergie, ce taux sera de 70% dans dix ans si rien n'est fait, a-t-elle rappelé. Outre la question de la dépendance, "selon les projections de l'Agence européenne de l'environnement, nous ne parviendrons pas à tenir les engagements pris dans le protocole de Kyoto si les choses ne bougent pas. Nous avons besoin de mesures énergiques".
En matière de demande, Mme de Palacio a mis en avant trois grands axes d'actions: 1) la réduction de la consommation dans les transports, dont les émissions augmenteraient en l'état de 40% en 2010 par rapport à 1990, 2) les économies d'énergie dans le bâtiment, par de nouvelles normes de construction, 3) une politique fiscale qui incite les consommateurs à mettre fin au gaspillage.
En matière d'offre, elle a souligné que les ressources de l'UE sont limitées: 1) aux réserves de pétrole et de gaz de la Mer du Nord qui, "au rythme actuel, seront épuisées dans 40 ans", 2) à une production de charbon qui a été réduite en raison de ses coûts, 3) à un fort potentiel d'énergies renouvelables qui n'a pas été développé jusqu'ici. De fait, l'UE dépend des importations mais n'a pas le poids qu'elle devrait avoir vis-à-vis de ses fournisseurs. "Nous ne pouvons pas agir sur les producteurs qui répondent à la demande du marché, même si c'est parfois avec des accords qui vident de sens ces principes de marchés". La situation ne fera qu'empirer dans le futur, avec la croissance de la consommation de pétrole en Chine, en Inde et en Amérique latine notamment, a-t-elle souligné.
Dans ce contexte, la Commissaire de Palacio a mis l'accent sur: