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Bulletin Quotidien Europe N° 7852
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

En présentant le Livre Vert de la Commission sur l'approvisionnement énergétique, Mme de Palacio a qualifié l'UE de géant économique entravé par sa dépendance des importations d'énergie

Bruxelles, 29/11/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté ce mercredi son Livre Vert sur la sécurité des approvisionnements en énergie dans l'Union européenne, qui sera présenté le 5 décembre au Conseil Energie et au Parlement européen. Mettant en avant la consommation croissante d'énergie et la dépendance de l'UE à l'égard des importations de pétrole et de gaz, ce document de réflexion a pour but de lancer le débat sur les enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux de l'approvisionnement européen en énergie (voir EUROPE d'hier p. 9).

"Par ce document, nous ne prenons pas partie pour une option ou une autre. Notre objectif est de lancer le débat, présenter le cadre, les problèmes et les solutions éventuelles. Nous ouvrons une fenêtre, nous ne prétendons pas apporter des solutions", a souligné la vice-présidente de la Commission Mme Loyola de Palacio, en présentant le document à la presse. Le problème, a-t-elle poursuivi, est que l'Union européenne est actuellement "un Gulliver enchaîné: un géant économique entravé dans son développement économique par les importations d'énergie dont elle dépend". L'UE importe actuellement à 50% de son approvisionnement en énergie, ce taux sera de 70% dans dix ans si rien n'est fait, a-t-elle rappelé. Outre la question de la dépendance, "selon les projections de l'Agence européenne de l'environnement, nous ne parviendrons pas à tenir les engagements pris dans le protocole de Kyoto si les choses ne bougent pas. Nous avons besoin de mesures énergiques".

En matière de demande, Mme de Palacio a mis en avant trois grands axes d'actions: 1) la réduction de la consommation dans les transports, dont les émissions augmenteraient en l'état de 40% en 2010 par rapport à 1990, 2) les économies d'énergie dans le bâtiment, par de nouvelles normes de construction, 3) une politique fiscale qui incite les consommateurs à mettre fin au gaspillage.

En matière d'offre, elle a souligné que les ressources de l'UE sont limitées: 1) aux réserves de pétrole et de gaz de la Mer du Nord qui, "au rythme actuel, seront épuisées dans 40 ans", 2) à une production de charbon qui a été réduite en raison de ses coûts, 3) à un fort potentiel d'énergies renouvelables qui n'a pas été développé jusqu'ici. De fait, l'UE dépend des importations mais n'a pas le poids qu'elle devrait avoir vis-à-vis de ses fournisseurs. "Nous ne pouvons pas agir sur les producteurs qui répondent à la demande du marché, même si c'est parfois avec des accords qui vident de sens ces principes de marchés". La situation ne fera qu'empirer dans le futur, avec la croissance de la consommation de pétrole en Chine, en Inde et en Amérique latine notamment, a-t-elle souligné.

Dans ce contexte, la Commissaire de Palacio a mis l'accent sur:

  • La promotion des énergie renouvelables: leur part dans le bilan énergétique devrait doubler en dix ans. "Les énergies traditionnelles ont reçu des aides par le passé, il serait logique que les renouvelables puissent en bénéficier aussi". Il n'est pas exclu de "faire payer les autres sources d'énergie, comme le nucléaire, le gaz et le pétrole". La Commissaire a rappelé par ailleurs que le Conseil a sur sa table depuis 1992 une proposition sur la fiscalité des énergies renouvelables.
  • Les ressources en charbon: "l'UE devrait amorcer une réflexion sur les moyens de maintenir une production stratégique après l'expiration du Traité Ceca en 2002".
  • Le nucléaire: "nous devons réfléchir au rôle du nucléaire en mettant les problèmes à plat en toute transparence", a insisté la Commissaire en souhaitant que "l'on évite d'idéologiser le débat". Elle a mis en parallèle les deux faces de la question: 1) la question des déchets nucléaires n'est pas résolue. "Enterrer les déchets n'est pas une solution à long terme", a-t-elle reconnu. "Le traitement des déchets a été jusqu'ici contrôlable et contrôlé, mais il faudra poursuivre la recherche sinon il posera un problème"; 2) les centrales nucléaires ne posent pas de problèmes en terme de réchauffement climatique, "le nucléaire suppose que l'on évite 300 millions de tonnes d'émission de CO2 dans l'UE". Or "lorsqu'une centrale nucléaire est fermée, elle doit être remplacée le plus souvent par une centrale thermique dont les émissions de CO2 sont importantes, ce qui rend le respect de nos engagements de Kyoto encore plus difficile". "Le Livre Vert ne prend partie ni pour ni contre le nucléaire, mais présente les termes de la question, y compris en terme d'acceptation sociale", a complété la Commissaire.
  • La gestion des stocks: "nous soulignons que l'utilisation des stocks stratégiques doit être examinée dans un cadre plus cohérent", surtout pour les stocks pétroliers, mais aussi pour les autres sources d'énergie, par exemple pour le charbon.
  • Fiscalité des carburants: "comme l'ont indiqué le président Prodi et les commissaires Bolkestein et Barnier, la crise pétrolière actuelle a montré la nécessité d'une politique européenne cohérente en la matière", s'est bornée à déclarer la Commissaire en soulignant que la fiscalité doit avoir à la fois un aspect incitatif pour soutenir les énergies renouvelables, et dissuasif, pour limiter la consommation.

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