Bruxelles, 24/11/2000 (Agence Europe) - « On peut prévoir en moyenne un réel rattrapage, parce que les taux de croissance prévus pour les pays candidats sont en moyenne supérieurs à ce qui est attendu pour l'Union européenne », a déclaré le commissaire Solbes en présentant mercredi à la presse le premier exercice de prévision économique auquel s'est livrée la Commission européenne pour les pays candidats à l'adhésion. La Commission prévoit que le taux de croissance annuel dans les pays candidats sera en moyenne supérieur à 4% de 2000 à 2002, contre 3,5% en 2000 à 2% en 2002 pour les Quinze. Selon les prévisions de la Commission, les pays candidats devraient pour la première fois en 2000 tous afficher une croissance positive. En moyenne, cette croissance aura doublé par rapport à 1999, où elle était de 2,2% pour les candidats d'Europe centrale et orientale, et de -0,3% en comptant tous les candidats. La croissance devrait être particulièrement forte en Estonie (de 6,2% en 2000 à 6,4% en 2002), en Turquie (de 6% en 2000 à 4,3% en 2002), ainsi qu'en Hongrie (5,3 en moyenne), ou encore en Pologne (5% en moyenne). La Roumanie est en queue du peloton avec une croissance qui ira, selon les prévisions de la Commission, de 1,4% en 2000 à 2,4% en 2002. Ces prévisions de croissance sont expliquées à la fois par un « environnement international favorable » (renforcement du commerce avec l'UE, meilleure conjoncture en Russie et dans les autres pays de la CEI), et par une accélération de la demande intérieure (investissements et consommation privée).
Malgré cette croissance, le chômage devrait continuer à croître pour les candidats d'Europe centrale et orientale (Pecos) avant de redescendre en 2002: de 11,2% en 1999 à 12 ,1 en 2000, 12,1 en 2001 puis 11,6 en 2002. Si l'on compte aussi Chypre, Malte et la Turquie, le taux passe de 10,5 en 1999 à 10,9 en 2000 pour redescendre à 10,4 en 2001. La Commission explique cette situation par les conséquences des restructurations économiques, l'amélioration à terme étant due à la bonne croissance économique attendue.
Les indicateurs ne sont pas tous positifs, a souligné le commissaire responsable des affaires économiques et monétaires en lançant un « avertissement » aux pays candidats concernant: i) les déficits publics (qui devraient en moyenne rester élevés et ne pas descendre rapidement au niveau de l'UE) ; ii) les déficits de la balance commerciale et de la balance courante « qui restent élevés dans la plupart des pays candidats, bien qu'il soit prévu qu'ils diminuent un peu » ; iii) l'inflation, pour laquelle on n'attend que de « faibles progrès ».
Les principaux tableaux chiffrés relatifs à ces prévisions seront reproduits dans notre supplément statistique hebdomadaire portant la date du 5 décembre prochain.