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Bulletin Quotidien Europe N° 7849
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/balkans

Au sommet de Zagreb, M.Prodi (qui s'est ensuite rendu à Belgrade) a incité les pays de la région à saisir "la meilleure chance dans une génération" - Interventions de MM. Solana et Patten - La Croatie demandera en 2001 son adhésion à l'UE

Zagreb, 24/11/2000 (Agence Europe) - "Nous avons maintenant la meilleure chance dans une génération de construire la paix pour toute la région. Nous devons saisir cette chance - sinon, l'histoire ne nous les pardonnera pas", a dit le président de la Commission européenne Romano Prodi à l'ouverture du sommet de Zagreb du 24 novembre entre l'Union européenne et les pays des Balkans, sommet qui a marqué la réconciliation entre les Etats de la région, le rapprochement de ces derniers de l'Union européenne et le retour de Belgrade au sein de la communauté internationale. Maintenant, la Serbie est parmi nous, a constaté M.Prodi, en disant aux Serbes: "C'est vous qui avez dit clairement que vous voulez tirer un trait sur le passé, et aller de l'avant (...) Nous avons eu confiance en vous. Nous avons déployé des dizaines de milliers de soldats européens pour contribuer à maintenir la paix (...). Nous avons versé de vastes sommes pour la reconstruction (...). Par notre processus de stabilisation et d'association, nous avons oeuvré à associer de plus en plus étroitement la région aux structures européennes en reconnaissant que chaque pays de la région est un membre potentiel de l'Union européenne. Nous reconnaissons, toutefois, que chaque pays est différent". Je me réjouis de me rendre à Belgrade ce soir, pour voir, en particulier avec le président Kostunica, comment nous pourrons contribuer au mieux à la reconstruction à long terme et la mise en place des institutions (de la nouvelle Serbie), a ajouté M.Prodi.

Quant au Haut Représentant pour la Pesc, Javier Solana, il a constaté au cours de ce bref sommet que tous les pays de la région étaient, pour la première fois, des démocraties, unies dans leur désir d'"assumer la place qui leur incombe dans la famille des nations européennes". "Qui aurait pu penser, lorsque le sommet avait été d'abord proposé par les présidents Chirac et Mesic, que ceci serait si historique? L'initiative était audacieuse", a remarqué M.Solana, en soulignant que l'UE est engagée en faveur de la "pleine intégration" des pays de la région dans la "famille européenne", mais en constatant en même temps que le poids du passé n'est pas complètement oublié (sans aucune précision à propos de l'assassinat du conseiller politique du leader albanais modéré Rugova, il a parlé des "derniers événements au Kosovo", en disant que "les responsables de ces actes criminels ne peuvent pas réussir"). La liste des tâches qui vous attendent est longue, a affirmé M.Solana, en évoquant en particulier le bon voisinage, la démilitarisation de la région, le développement des infrastructures régionales , la coopération économique, la coopération face aux défis transnationaux comme l'immigration illégale, le crime organisé, le blanchissement d'argent.

Le commissaire européen aux relations extérieures, Chris Patten, a souligné lui aussi que l'an 2000 a été "une bien meilleure année pour les Balkans et l'Europe du Sud-Est que chacun de nous n'ait pu l'espérer au départ", en citant d'abord la "révolution démocratique en Croatie" et, ensuite, "les formidables nouvelles venant de Serbie il y a quelques semaines". Nous avons dit à ces pays que, s'ils choisissent la démocratie, nous voudrons les rapprocher de la famille européenne, et c'est ce que nous faisons avec le commerce, les financements, la coopération politique, et ce sommet va marquer le lancement de ce processus, a-t-il dit.

Le sommet de Zagreb a, comme nous l'avons indiqué (voir EUROPE d'hier, p.3), été l'occasion de l'ouverture des négociations d'un accord de stabilisation et d'association UE/Croatie. Le premier ministre croate Ivica Racan a annoncé que la Croatie déposera en 2001 sa demande d'adhésion à l'Union européenne.

Lors du sommet, le président monténégrin Milo Djukanovic a demandé aux responsables de l'UE d'envisager la reconnaissance du Monténégro comme Etat indépendant, dans le cadre d'une union avec la Serbie, et , tout en disant qu'il souhaitait parvenir à un accord avec Belgrade et être prêt à engager "un dialogue patient" à ce sujet, il a annoncé qu'il convoquera un référendum sur l'indépendance d'ici la moitié de l'année prochaine. Le président serbe Vojislav Kostunica a affirmé à la même occasion qu'un départ unilatéral du Monténégro de la Rfy serait "désastreux".

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