Strasbourg, 15/11/2000 (Agence Europe) - Le Parlement européen apportera tout son soutien afin que l'aide européenne à la reconstruction de la Serbie soit à la hauteur de ses besoins. Et nombreux sont ceux qui, au Parlement, ne se doutent pas qu'un jour, les portes de l'Union lui seront ouvertes. C'est par ces propos que Nicole Fontaine, présidente du Parlement européen, a accueilli mercredi, dans le cadre d'une séance solennelle, Vojislav Kostunica, président de la République fédérale de Yougoslavie. La Yougoslavie le souhaite, a répondu M.Kostunica, qui a dit se rendre compte qu'il faudra du temps avant que son pays soit réellement prêt à l'adhésion, mais que l'objectif principal de sa politique étrangère est de se rapprocher de l'Union européenne et ensuite d'y adhérer. Ayant fait l 'expérience des stratégies de domination des grandes puissances, mon pays souhaite une méthode non contraignante d'intégration, a dit M.Kostunica, pour qui une intégration « pas à pas » est un modèle à adopter dans les Balkans. Il a ajouté que la Rfy souhaite signer « aussi tôt que possible » l'accord d'association avec l'Union
En Yougoslavie, nous devrons changer beaucoup de choses, notamment bâtir des institutions démocratiques, et surtout leur insuffler un esprit démocratique (ce qui pourrait être le plus difficile). Notre tâche principale est maintenant de régler de façon démocratique nos relations internes. Le problème du Kosovo est le plus difficile et M.Kostunica s'est dit prêt à ouvrir un dialogue avec l'Albanie sur toutes les questions pouvant contribuer à une solution démocratique dans les relations serbo-albanaises au Kosovo . Quant au Monténégro, il s'agit de définir le cadre d'un dialogue démocratique. La restructuration de la République fédérale de Yougoslavie exigera beaucoup de patience et de sagesse: un facteur fondamental sera la reconnaissance du fait qu'un nombre significatif de musulmans et d'Albanais vivent en Serbie et au Monténégro, et qu'il n'existe aucune raison valable pour qu'ils ne soient pas un facteur d'intégration. L'Europe comprendra plus facilement les problèmes de la Yougoslavie si elle songe à son propre après-guerre, lorsque des individus courageux s'étaient embarqués dans un projet incertain, a-t-il dit, en ajoutant: encore plus que de votre aide, nous avons besoin de votre compréhension.
M. Kostunica a ensuite répondu aux journalistes, lors d'une conférence de presse avec Nicole Fontaine, avant de participer à une réunion de la Conférence des présidents des groupes politiques du PE. Il a également rencontré Javier Solana. M.Kostunica a répondu en particulier sur:
l'avenir du Kosovo. Nous insistons sur le respect de la Résolution l244 des Nations Unies, a rappelé M.Kostunica, tout en notant que la situation était difficile même avant l'arrivée au pouvoir de Milosevic.
le Tribunal pénal international de La Haye. Je me rends compte qu'il faut commencer à coopérer avec ce tribunal, a admis M.Kostunica, qui, interrogé à plusieurs reprises sur le sort de M.Milosevic, a rappelé que sa tâche principale est maintenant d'assurer l'avenir démocratique du pays.
les relations avec l'UE. Nous avons senti le soutien de l'UE, a remarqué M.Kostunica, en se disant surpris par la vitesse avec laquelle l'Europe a été prête à ouvrir le dialogue avec son pays. Je suis surprise de votre surprise, a conclu Nicole Fontaine, en affirmant que l'adhésion de la Yougoslavie à l'Union, à terme, fait partie d'un processus naturel.