Bruxelles, 24/10/2000 (Agence Europe) - Ce mercredi, le Parlement discutera le rapport de John Cushnahan (PPE, irlandais) sur les premier et deuxième rapports annuels de la Commission européenne concernant la Région administrative spéciale de Hong-Kong. Le rapport Cushnahan note que depuis le retour de Hong-Kong sous la souveraineté de la République populaire de Chine, en juillet 1997, "les bases de l'accord un pays, deux systèmes demeurent relativement intactes et progressent même"; mais il relève, dans les documents de la Commission européenne, "un certain nombre de préoccupations". L'UE "se doit de continuer à suivre la situation en accordant une attention particulière à l'état de droit et aux actions du Bureau de liaison du gouvernement populaire chinois" à Hong-Kong, estime M.Cushnahan, pour qui la publication d'un rapport annuel par la Commission "peut contribuer substantiellement à ce suivi". Selon le rapporteur, il faudra donc "étoffer" les ressources et le personnel de la Délégation de la Commission à Hong-Kong, "comme cela avait été promis précédemment".
Le rapport Cushnahan demande en particulier que: - le suffrage universel soit introduit à Hong-Kong au plus tard pour l'élection du Conseil législatif en 2008 et pour l'élection du chef de l'exécutif en 2012, et qu'il aille de pair avec "une réforme du système politique"; - tous les détenteurs de passeports de Hong-Kong puissent se rendre dans tous les Etats de l'UE sans besoin d'un visa (le PE avait déjà fait cette demande dans son rapport de 1998); - une commission permanente des droits de l'homme soit chargée d'examiner les plaintes contre les abus dans ce domaine; - une ordonnance sur la discrimination raciale soit rapidement introduite afin de répondre aux plaintes de travailleurs migrants employés dans le secteur privé (le rapport constate que plus de 200.000 travailleurs et domestiques migrants sont occupés dans le secteur privé à Hong-Kong).
Parmi les préoccupations exprimées par le rapporteur, citons celles relatives à: 1) l'abolition, le premier janvier de cette année, des conseils municipaux (le conseil urbain et le conseil régional), qui étaient, à l'exception du gouvernement central, les seuls organes élus à avoir des pouvoirs politiques; 2) les atteintes à l'indépendance des tribunaux de Hong-Kong. Le rapport rappelle en particulier l'affaire de Cheung Tze-keung, "gangster notoire" de Hong-Kong appelé "Big Spender", qui a été condamné et exécuté en Chine continentale pour des enlèvements commis dans la Région administrative spéciale de Hong-Kong, en notant que la peine capitale est appliquée sur le continent, alors qu'elle ne l'est pas à Hong-Kong; 3) les tentatives, au cours des douze derniers mois, de restreindre la liberté de la presse: le rapport cite notamment les déclarations de Wang Fenchao, représentant du Bureau de liaison du gouvernement populaire central, qui avait affirmé que les journalistes ne doivent pas publier d'opinions favorables à l'indépendance de Taiwan, car ils ont le devoir de "défendre la souveraineté et l'intégrité du pays"; 4) l'incapacité de Hong-Kong de mettre en oeuvre une politique de libre-échange. M. Cushnahan cite un autre représentant du Bureau de liaison chinois, He Zhiming, qui, en mai dernier, avait exhorté de manière à peine voilée des hommes d'affaires à ne pas rechercher des partenaires commerciaux taiwanais qui soutiennent l'indépendance de Taiwan.