Alors que le Parlement européen se prononcera en deuxième lecture sur la proposition encadrant l’utilisation des nouvelles techniques génomiques (NTG) mercredi 17 juin, l’organisation Friends of the Earth Europe a dénoncé cette législation, jeudi 11 juin, estimant qu’elle reposerait sur une « confiance aveugle » dans les promesses de l’industrie biotechnologique plutôt que sur des preuves scientifiques établies (EUROPE 13872/13).
Selon l’ONG, la dérégulation proposée supprimerait une grande partie des contrôles actuels pour environ 84% des 'nouveaux OGM', en permettant leur mise sur le marché sans exigences renforcées de suivi ni de responsabilité en cas d’impact négatif sur la santé, l’élevage ou l’environnement.
Elle conteste également l’argument de l’innovation et de la résilience climatique. Dans les pays où ces cultures sont déjà autorisées hors UE, comme les États-Unis, le Canada ou l’Argentine, seules quelques variétés seraient effectivement cultivées à grande échelle, principalement des plantes tolérantes aux herbicides, ce qui, selon l’ONG, limiterait les bénéfices agronomiques réels.
Autre point de tension : la propriété intellectuelle. L’organisation alerte sur une extension potentielle des brevets à des caractéristiques génétiques pouvant exister naturellement ou être obtenues par sélection classique. (Lionel Changeur)