Les États membres de l’Union européenne ont exprimé des préférences divergentes quant au meilleur candidat pour remplacer l’actuel Haut Représentant, Christian Schmidt, en Bosnie-Herzégovine, lors de la réunion du Conseil de mise en œuvre de la paix (Peace Implementation Council – PIC) des 4 et 5 juin.
L’Allemagne et la France ont soutenu le candidat français, René Troccaz, également appuyé par le Royaume-Uni, tandis que l’Italie a soutenu Antonio Zanardi Landi, soutenu aussi par les États-Unis, selon une source bien informée, citée par Agence Europe.
Dans une publication sur les réseaux sociaux le 4 juin, la mission américaine à Sarajevo a déclaré que les États-Unis étaient « déçus » par « l’incapacité des Européens à parvenir à un consensus autour d’un candidat européen » pour élire un nouveau Haut Représentant lors de la réunion du PIC et pourraient « reconsidérer leur rôle dans la présence internationale actuelle en Bosnie-Herzégovine ».
Dans une récente interview accordée au quotidien allemand Augsburger Allgemeine, Christian Schmidt, qui avait annoncé plus tôt son intention de quitter ses fonctions, a reconnu qu’« il y avait eu une pression considérable et surprenante de la part des États-Unis », dont « les motivations n’étaient pas entièrement claires » à ses yeux.
L’annexe X des accords de paix de Dayton a créé le Bureau du Haut Représentant international (Office of the High Representative – OHR) en tant qu’autorité finale chargée d’interpréter les aspects civils de la mise en œuvre de l’accord de paix. Depuis lors, l’OHR s’est vu attribuer de vastes pouvoirs lui permettant d’imposer des lois et de révoquer des responsables publics - les « pouvoirs de Bonn » -, pouvoirs qui ont notamment été utilisés par Christian Schmidt pour imposer des amendements constitutionnels et des lois électorales en Bosnie-Herzégovine.
Une telle supervision internationale étendue est, en principe, incompatible avec la pleine souveraineté de la Bosnie-Herzégovine et, par conséquent, avec son adhésion à l’UE.
Un processus visant à fermer le Bureau du Haut Représentant est en cours depuis 2008. Son aboutissement dépend d’un certain nombre de conditions, connues sous le nom d’'Agenda 5+2', que l’Union européenne considère comme n’étant pas encore remplies. (Ana Pisonero Hernández)