Dans un rapport publié jeudi 11 juin, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) fait de la crise du logement, l’exploitation des travailleurs migrants et les atteintes aux droits fondamentaux dans l’espace numérique des enjeux parmi ceux recensés en 2025 dans l’Union européenne.
Si, à l’occasion du 25e anniversaire de la Charte des droits fondamentaux de l’UE, l’Agence estime que les valeurs fondatrices de l’UE influencent davantage les politiques européennes, elle constate néanmoins que l’écart entre les engagements juridiques et leur mise en application persiste.
Observant une dégradation de l’accès au logement dans plusieurs États membres, la FRA relève que la hausse des prix de l’immobilier et l’insuffisance de logements sociaux ou abordables augmentent le risque de sans-abrisme.
En outre, les protections contre les expulsions demeureraient insuffisantes dans plusieurs pays.
La situation des travailleurs originaires de pays tiers constitue un autre sujet d’inquiétude. Alors que de nombreux secteurs connaissent des pénuries de main-d’œuvre, la FRA rapporte que ces travailleurs peuvent souvent être surqualifiés, en plus d'être confrontés à des discriminations et des situations d’exploitation. Or, le rapport souligne que les moyens à leur disposition sont limités pour obtenir réparation devant les juridictions compétentes.
Protection des droits fondamentaux dans l’environnement numérique. Sur un autre sujet, l'Agence constate une exposition de plus en plus importante des citoyens européens aux discours de haine en ligne et la suppression de certains contenus légitimes par les plateformes. Aussi, la FRA considère-t-elle que le manque de transparence des grandes plateformes numériques complique l’application de la législation européenne et peut affecter tant la protection des droits fondamentaux que le fonctionnement démocratique.
Outre ces thématiques, le rapport évoque plusieurs évolutions qui ont eu lieu en 2025 dans les domaines de la sécurité intérieure, de l’asile et des migrations, ainsi que de l’égalité et de la non-discrimination. La FRA appelle l’UE et ses États membres à appliquer plus systématiquement la Charte des droits fondamentaux lors de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques.
En effet, l’Agence avance notamment que, selon le Conseil de l’UE, 85% des propositions législatives présentées par la Commission européenne en 2024 n’étaient pas accompagnées d’une analyse d’impact. Selon la FRA, les évaluations des incidences sur les droits fondamentaux demeurent insuffisantes dans le processus législatif européen.
Le rapport : https://aeur.eu/f/max (Nithya Paquiry)