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Bulletin Quotidien Europe N° 13878
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

Le G7 se met d'accord pour protéger les mineurs en ligne, mais reste moins ambitieux sur la durabilité des centres de données à cause des États-Unis

Les ministres du Numérique et des Technologies du G7 sont convenus, vendredi 29 mai à Paris, de principes communs visant à protéger les mineurs en ligne afin de « préserver leur sécurité, leur vie privée, la liberté d’expression en ligne, les droits humains et les libertés fondamentales ». En revanche, la déclaration commune s’est révélée moins ambitieuse concernant la durabilité des centres de données, en raison des réserves des États-Unis.

« Notre responsabilité collective est claire : faire du secteur numérique un moteur de croissance, de souveraineté, de confiance et de protection de nos concitoyens », a déclaré la ministre déléguée française chargée de l’Intelligence artificielle (IA) et du Numérique, Anne Le Hénanff, lors de la conférence de presse qui a suivi.

Dans la déclaration commune, le G7 a reconnu que les systèmes et modèles d’IA « peuvent être détournés à des fins malveillantes », en soulignant la nécessité de « renforcer la cohérence des approches d’évaluation, de notification et d’atténuation des risques liés à l’IA ».

S’agissant des mineurs, le G7 rappelle que les services numériques peuvent constituer « un outil puissant pour apprendre, découvrir et échanger ». Toutefois, compte tenu des risques pesant sur la « santé physique et mentale » des jeunes, la déclaration met en avant la responsabilité des fournisseurs de services numériques et des gouvernements de prendre des mesures de protection, notamment au moyen de dispositifs d’atténuation des risques et d’outils permettant aux parents et aux tuteurs d’encadrer l’usage des espaces numériques par les mineurs, y compris contre les « images intimes diffusées sans consentement », les « contenus pédopornographiques générés par l’IA » ou « à caractère d'exploitation sexuelle ou pornographique ». À cette fin, la Présidence française lancera des discussions visant à renforcer les connaissances scientifiques et l’évaluation des services numériques utilisés par les mineurs.

Concernant la résilience et l’efficacité des ressources dans le secteur numérique, le G7 reconnaît la consommation « croissante » de ressources naturelles et d’énergie par les centres de données ainsi que « la nécessité de disposer d’une production énergétique fiable et diversifiée et d’une utilisation efficace des ressources ». Selon la déclaration, « l’amélioration de l’accès à une énergie sûre, fiable, durable et abordable ainsi que l’efficacité de l’utilisation des ressources et de l’énergie tout au long de la chaîne de valeur numérique deviennent essentielles pour la résilience des économies et pour la capacité à développer des infrastructures numériques et des modèles d’IA ».

Anne Le Hénanff a reconnu que la France aurait souhaité être plus loin sur la question de la durabilité des centres de données, tout en saluant l’attitude « constructive » des États-Unis, qui ont accepté de « reconnaître qu'il est nécessaire de discuter de ce sujet ». « C’est un pas énorme. Au début des discussions, ce n’était pas le cas », a-t-elle expliqué, en rappelant que l’impact environnemental des centres de données est une question prioritaire pour la France et que le pays dispose de leviers, notamment en matière de fiscalité de l’énergie.

Le G7 a également plaidé pour des « réponses politiques ciblées et proportionnées afin de réduire les obstacles à l’adoption » de l’intelligence artificielle par les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), compte tenu de son potentiel en matière de « productivité et de croissance ». (Ana Pisonero Hernández)

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