L'Union européenne est en bonne voie pour atteindre son objectif d'injection annuelle de 50 millions de tonnes de CO2 d'ici 2030 dans les sites de stockage (Règlement UE 2024/1735), a conclu la Commission européenne dans un rapport transmis vendredi 29 mai au Parlement européen et au Conseil de l'UE.
Le captage et stockage du carbone (CSC), considéré par la Commission européenne comme « l’une des principales technologies de décarbonation disponibles pour les industries dont les émissions sont difficiles à réduire dans l’UE », consiste à capturer les émissions de carbone relâchées dans l'atmosphère, à les stocker et à les injecter dans les sols de sites de stockage géologiques dédiés.
L'objectif à long terme est de parvenir à atteindre 200 millions de tonnes de CO2 par an de stockage dans les sous-sols d'ici 2040, dans le cadre de l'objectif de neutralité climatique de l'UE d'ici 2050.
Actuellement, il existe des services de stockage de CO2 opérationnels en Italie (depuis 2024), en Islande et en Norvège (depuis 2025). Deux autres installations seront bientôt opérationnelles dans l'UE, aux Pays-Bas et au Danemark (2026).
Une capacité d'injection de 60 millions de tonnes de CO2. La Commission européenne a évalué les plans nationaux des États membres en matière d'énergie et de climat (PNEC) et en a déduit « qu’au total, 35 millions de tonnes de CO2 pourraient être captées chaque année dans l’UE d’ici 2030, en vue d’un stockage permanent ». Elle ajoute « que 27,1 millions de tonnes de CO2 pourraient être injectées chaque année dans des sites de stockage situés dans l’UE d’ici 2030 ».
Outre les PNEC, dix États membres ont prévu des projets de stockage et d'injection de carbone (la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Roumanie, l'Espagne et les Pays-Bas), qui pourraient représenter « un potentiel de stockage total d’environ 1 gigatonne disponible d’ici 2030 » et une « capacité d’injection annuelle estimée de 33,12 millions de tonnes de CO2 ». Du côté de la demande, « le total des estimations de captage de CO2 dans l’UE, fournies par les États membres, pourrait dépasser les 32 millions de tonnes par an », selon la Commission. Cela signifie que 64% des projets contribuant à l'objectif de l'UE d'ici 2030 pourraient être des projets connus des États membres. La condition sine qua non est la mise à disposition d'infrastructures de transport vers les sites d'injection.
Contributions incertaines. Les 44 producteurs de gaz et de pétrole assujettis doivent démontrer leurs contributions individuelles à l'objectif de l'UE au plus tard fin 2030. Elles sont calculées sur la base de la production de pétrole brut et de gaz de chaque entité entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2023. Ils peuvent choisir de contribuer seuls, en coopération ou à travers des accords avec des promoteurs de stockage.
Dans les plans présentés par les 44 producteurs en 2025, « la capacité d’injection de CO2 maximale s’élève à 29 millions de tonnes », selon la Commission. Dès juin 2026, les producteurs cités devront présenter chaque année un rapport sur leurs progrès dans la réalisation de leurs contributions individuelles obligatoires, que la Commission publiera. Elle appelle les États membres à déterminer des sanctions pour ces entités en cas de manquements à leurs obligations.
Le rapport : https://aeur.eu/f/m4r
Les entités assujetties : https://aeur.eu/f/m4v (Nadège Delépine)