La Commission européenne s'est engagée, à l'issue d'un débat d'orientation, vendredi 29 mai (EUROPE 13876/19), à muscler sa position afin de protéger les industries stratégiques de l'UE face à la concurrence chinoise et à rééquilibrer les relations commerciales avec Pékin.
« Le débat d'orientation d'aujourd'hui a permis au Collège des commissaires de faire le point sur les relations entre l'Union européenne et la Chine, en abordant à la fois les possibilités qu'elles offrent et les défis qu'elles posent. L'approche générale de la Commission reste axée sur la réduction des risques, et non sur le découplage », a rappelé l'institution dans un communiqué.
Le Collège a abordé l'utilisation des outils de défense commerciale déjà à disposition de l'UE, ainsi que la possibilité d'élaborer de nouveaux instruments, a indiqué une source à Agence Europe.
Du côté des États membres, l'Allemagne et l'Espagne restent prudentes sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la Chine. L'Espagne a finalement retiré sa signature d'une lettre envoyée plus tôt dans la semaine, dont le contenu appelait la Commission européenne à durcir sa position et à faire usage des instruments de défense commerciale européens (EUROPE 13874/26). Madrid, prise de court, a indiqué que le document n'était pas finalisé au moment de sa diffusion.
Insistant sur le fait que Pékin « est un partenaire essentiel » et que « l'engagement et le dialogue se poursuivront », la Commission européenne a reconnu que « l'état actuel des relations commerciales et d'investissement n'est pas viable ». Ainsi, « à mesure que les intérêts économiques et sécuritaires s'entremêlent davantage, ces deux dimensions nécessiteront une réponse plus ferme et plus cohérente ».
Une première version du compte-rendu mentionnait que le dialogue se poursuivrait « tant que les canaux de communication resteront ouverts ». Cette formulation a toutefois été retirée par la suite, la Commission européenne faisant valoir qu'il s'agissait d'une erreur d'interprétation.
Bien qu'aucune conclusion écrite ne soit attendue à l'issue de cette réunion, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourrait présenter des mesures lors de son discours sur l'état de l'Union, en septembre, selon Politico.
Par ailleurs, les orientations prises aujourd'hui serviront de base aux travaux des dirigeants des pays du G7, lors d'un sommet à Évian-les-Bains, du 15 au 17 juin, ainsi qu'aux dirigeants de l'UE lors de la réunion du Conseil européen des 18 et 19 juin. (Juliette Verdes)