Les ministres européens des Finances évalueront, lundi 9 mars, les développements macroéconomiques en zone euro avec l'appui de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE). L'Eurogroupe, dans sa configuration élargie à vingt-sept, se penchera également sur le développement de la finance numérique et sur les effets du conflit au Moyen-Orient.
Lundi, les ministres auront deux fois - en formats normal et inclusif - l'occasion d'évaluer l'impact macroéconomique de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, notamment sur les prix énergétiques, qui ont commencé à augmenter avec la suspension du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Même s'il est trop tôt pour évaluer cet impact, dont l'ampleur dépendra de la durée de la guerre, l'objectif de cette discussion sera de recueillir les points de vue et de tenter de les aligner.
L'Espagne se tient prête à activer des mécanismes de protection des usagers et des entreprises face à l'envolée des prix énergétiques, mécanismes qui ont été activés en 2022 lors du déclenchement de l'agression militaire russe en Ukraine, a indiqué une source du ministère espagnol des Finances vendredi 6 mars.
Lors de la discussion sur les prix énergétiques qui aura lieu en format élargi, les ministres des Finances évoqueront la question des implications budgétaires des investissements nécessaires pour mettre en œuvre le paquet 'réseaux' (EUROPE 13818/8). Le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jørgensen, ainsi que le directeur du réseau ENTSOG et l'ancien directeur de l'agence ACER apporteront leur contribution.
Finance numérique. Les ministres européens se pencheront sur le développement de la finance numérique en s'appuyant sur les expertises de représentants de banques en ce qui concerne les technologies de registres distribués ('DLT'), la 'tokenisation' et les 'stablecoins'.
Une ligne de travail spécifique a récemment été lancée au sein de l’Eurogroupe afin d’analyser le cadre dans lequel se développe la finance numérique. Le président de l'Eurogroupe, Kyriákos Pierrakákis, avait d'ailleurs souligné, mercredi dernier, le potentiel que représentait la finance numérique pour l'intégration des marchés de capitaux dans l'Union à condition de s’inscrire dans un cadre réglementaire (EUROPE 13821/23).
En outre, les experts de la BCE ont relevé les risques de désintermédiation bancaire et de perturbation de la politique monétaire, si l'usage des 'stablecoins' adossés à des monnaies étrangères venait à s’intensifier (EUROPE 13822/25).
Laboratoire de compétitivité. Près d'un an après le lancement d'un 'Laboratoire européen de compétitivité' (EUROPE 13596/15), le ministre espagnol, Carlos Cuerpo, présentera les initiatives proposées jusqu'à présent. Les ministres se pencheront notamment sur un projet de plateforme paneuropéenne de titrisation d'actifs financiers sur laquelle travaillent l'Espagne, l'Allemagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l'Estonie (EUROPE 13810/30).
Sommet de l'Eurozone. L'Eurogroupe poursuivra la préparation du sommet du 19 mars prochain, avec comme enjeux principaux l'Union de l'épargne et de l'investissement et le renforcement du rôle international de la monnaie unique (EUROPE 13809/1).
Belgique. À noter que l'Eurogroupe devrait adopter une déclaration approuvant l'évaluation, par la Commission européenne, du projet de budget 2026 de la Belgique.
D'après l'institution de l'UE, ce projet respecte la trajectoire de croissance des dépenses publiques nettes fixée au niveau européen (5,8% en termes cumulés par rapport au seuil fixé de 6,1%) dans le cadre de la procédure pour déficit excessif à l'encontre de la Belgique.
D'après le projet de budget belge, la croissance atteindra 1,1% du PIB en Belgique en 2026, le déficit sera ramené de 5,2% du PIB en 2025 à 4,9% en 2026, et la dette publique passerait de 107,3 à 110,1% du PIB.
Voir l'évaluation de la Commission : https://aeur.eu/f/l1x (Mathieu Bion et Bernard Denuit)